Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

TUNICIERS ou UROCORDÉS

  • Article mis en ligne le
  • Modifié le
  • Écrit par

Les Tuniciers, ou Urocordés, sont des organismes marins qui ont en commun plusieurs traits d'organisation originaux ; en particulier, leur corps est généralement entouré par un revêtement épais, la tunique. Ils présentent des affinités profondes avec l'Amphioxus et avec les Vertébrés, mais, faute de documents paléontologiques, les relations phylétiques avec ces deux groupes sont difficiles à préciser (cf. céphalocordés, cordés, vertébrés). Quelques Tuniciers sont pélagiques (Thaliacées, Appendiculaires), mais la plupart des espèces sont fixées sur le fond des mers ou sur un support immergé (Ascidiacées).

Les Ascidiacées

La plupart des Ascidies se rencontrent dans la zone littorale, fixées ou libres sur des fonds rocheux, sableux ou vaseux. Quelques espèces, de petite taille, appartiennent à la faune interstitielle qui vit dans la couche d'eau occupant les interstices des grains de sable. Rares sont les Ascidies sur le plateau continental et dans la zone abyssale.

Organisation d'une Ascidie simple

Ascidie simple - crédits : Encyclopædia Universalis France

Ascidie simple

Une Ascidie simple (c'est-à-dire non coloniale) telle qu'Ascidia, Ciona ou Molgula est une sorte de sac sans forme bien définie, de quelques centimètres de long à paroi épaisse, fixé au support par des crampons. Ce sac présente deux orifices, les siphons, qui sont rétractiles. Ces siphons permettent l'entrée (siphon buccal) et la sortie (siphon cloacal) d'un courant d'eau à l'intérieur de l'animal. Le siphon buccal s'ouvre dans un large pharynx dont la paroi est perforée de fentes nombreuses et qui porte une gouttière ciliée ventrale, l'endostyle, formé de plusieurs cordons de types cellulaires variés, ciliés ou glandulaires. À la base du siphon buccal, l'endostyle se dédouble en deux arcs péricoronaux qui se rejoignent dorsalement pour former le raphé dorsal, bandelette longitudinale qui pend dans la paroi pharyngienne. Ce pharynx est une branchie ; il se prolonge par une anse digestive qui comprend l'œsophage, l'estomac, l'intestin (avec glandes pyloriques excrétrices). Ce dernier s'ouvre non pas à l'extérieur, mais dans une large cavité dorsale, le cloaque, dont deux expansions s'appliquent de chaque côté contre le pharynx en formant la cavité péribranchiale ; le cloaque, d'autre part, débouche à l'extérieur par le siphon cloacal.

Chez certaines Ascidies, il existe encore un organe, d'origine endodermique, diverticule postérieur du pharynx, l'épicarde, dont la fonction n'est pas connue, mais qui joue un grand rôle dans la régénération et le bourgeonnement.

La paroi du corps est formée par l'épiderme, épithélium simple constitué de cellules cubiques ou aplaties, doublé extérieurement par la tunique, plus ou moins épaisse. Cette tunique est faite d'une substance dite tunicine qui n'a pas une composition définie et qui est un mélange en proportion variable de chitine et de cellulose. Elle contient parfois des spicules de carbonate de calcium. La tunique est d'abord une sécrétion épidermique, mais secondairement elle est colonisée par des cellules mésenchymateuses (sanguines).

Le système nerveux se réduit à un ganglion dorsal situé entre les deux siphons et d'où partent deux paires de nerfs mixtes vers les siphons, la paroi du corps et les viscères.

Chez les Ascidies, l'appareil circulatoire ne comprend pas de vaisseaux à paroi propre (limitée par un endothélium), mais un réseau de cavités creusées dans le mésenchyme, les sinus. L'organe propulseur est un tube contractile à double paroi, le cardio-péricarde qui provient du développement d'une vésicule cœlomique réduite. Le cardio-péricarde est le siège d'ondes de contractions qui poussent le sang dans les sinus. Périodiquement, toutefois, ces contractions se ralentissent, s'arrêtent et changent de sens ; la circulation s'inverse donc. Ainsi[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : ancien professeur à la faculté des sciences, université de Paris-VII

Classification

Pour citer cet article

Yves FRANÇOIS. TUNICIERS ou UROCORDÉS [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Médias

Thaliacées - crédits : Encyclopædia Universalis France

Thaliacées

Ascidie simple - crédits : Encyclopædia Universalis France

Ascidie simple

Ascidie : larve et métamorphose - crédits : Encyclopædia Universalis France

Ascidie : larve et métamorphose

Autres références

  • CORDÉS ou CHORDÉS

    • Écrit par
    • 980 mots

    L' opposition traditionnellement admise, depuis Lamarck, entre Vertébrés et Invertébrés est parfaitement artificielle. En fait, l'opposition Vertébrés-Invertébrés est d'autant moins justifiée que les Vertébrés sont étroitement apparentés à d'authentiques Invertébrés longtemps réunis sous le...

  • EXCRÉTION

    • Écrit par
    • 5 271 mots
    • 8 médias
    L'accumulation des déchets peut prendre une forme très particulière chez certains ttuniciers (ascidies appartenant à la famille des Molgulidés). Ces animaux possèdent un rein qui est constitué par une vésicule close qui accumule des concrétions riches en acide urique (toutefois, la majorité de l'azote...
  • OCÉAN ET MERS (Vie marine) - Vie pélagique

    • Écrit par et
    • 7 202 mots
    • 8 médias
    ... (planctonique à une exception près), la capture des proies est réalisée par des cellules non pas urticantes mais adhésives. L'embranchement des tuniciers est représenté par des appendiculaires et les thaliacés. Les appendiculaires ont une structure très primitive ; la queue, larvaire chez les...
  • PHYLOGÉNOMIQUE

    • Écrit par
    • 3 017 mots
    Depuis Haeckel, on affirme que les embryons de tuniciers, comme les vertébrés, possèdent une chorde. Cela aurait pu n'être qu'une ressemblance. L'examen du génome d'un tunicier (Ciona intestinalis) et celui des protéines exprimées lors de son développement montrent que la moitié...