TROUBLES DU LANGAGE ORAL CHEZ L'ENFANT

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Les trois critères de définition des TSLO

Un déficit avéré du langage oral est le premier critère caractéristique. Le déficit langagier doit être confirmé par une évaluation standardisée, effectuée par un professionnel spécialisé (médecin spécialiste ou orthophoniste le plus souvent). Le plus difficile reste de fixer la limite à partir de laquelle on considère un score comme déficitaire ou non.

La persistance du déficit au cours du temps est le deuxième critère proposé. Ce critère se heurte cependant à la variabilité de l’évolution décrite dans les études longitudinales. Ainsi, les observations recueillies sur la cohorte « Victoria », qui portait sur 1 596 enfants australiens examinés à plusieurs étapes de leur développement, illustrent l’impossibilité d’anticiper le devenir d’un déficit langagier à quatre ans. En effet, 40 p. 100 des enfants au langage déficient à quatre ans avaient rejoint la norme à sept ans, tandis que 10 p. 100 des enfants normaux à quatre ans ne l’étaient plus à sept ans. Si, de façon attendue, les « parleurs tardifs » âgés de deux à trois ans ont plus de risque d’avoir un langage déficitaire après six ans, il est aujourd’hui impossible de poser un pronostic individuel pour chaque enfant.

L’âge de cinq ans est déterminant pour considérer qu’un TSLO nécessite une prise en charge, sans qu’on puisse à coup sûr en prévoir les effets. Avec l’avancée en âge, les variations individuelles s’amenuisent, limitant à cinq ans la possibilité d’une normalisation spontanée. D’autre part, le niveau acquis en langage oral devient un facteur prédictif de l’acquisition ultérieure du langage écrit, justifiant une action sur toutes les fonctions langagières, y compris les compétences phonologiques.

La notion de spécificité, ou diagnostic par exclusion, constitue le troisième critère. Même si la notion de spécificité reste une réalité aux frontières floues, elle permet d’exclure d’autres situations très différentes, dans lesquelles le trouble du langage oral est totalement expliqué par une autre pathologie. Parmi ces causes associées, la première à exclure est la surdité. Les troubles du spectre autistique constituent la deuxième cause à exclure. Ils se présentent aussi comme un trouble du développement du langage oral, mais ils se trouvent associés à un trouble touchant également les autres modalités de communications visuelle et tactile. Enfin, la déficience intellectuelle se révèle en général par un développement retardé du langage à l’école maternelle, plus facile à reconnaître que le retard associé du graphisme ou du raisonnement.

Il existe des troubles acquis du langage oral, appelés « aphasies », tout à fait différents dans leur présentation, caractérisés par un développement normal suivi d’une régression, le plus souvent liée à un accident neurologique aigu ou à une épilepsie particulière.

Pour résumer, les critères diagnostiques des TSLO comportent des limites qui expliquent que le débat sur le choix de la terminologie n’est pas clos. De fait, les études anglo-saxonnes décrivent une prévalence qui varie entre 0,6 p. 100 et 33 p. 100, en fonction des définitions retenues pour la spécificité, les scores limites et l’âge de l’enfant. La première enquête épidémiologique néo-zélandaise décrit 8,4 p. 100 des enfants de trois ans avec un ou plusieurs scores de langage oral déficitaires. La moitié d’entre eux sont normaux à sept ans, tandis que l’autre moitié garde un déficit variable du langage oral, de l’apprentissage de la lecture ou du fonctionnement intellectuel.

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Catherine BILLARD, « TROUBLES DU LANGAGE ORAL CHEZ L'ENFANT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/troubles-du-langage-oral-chez-l-enfant/