TROUBLES DU LANGAGE ORAL CHEZ L'ENFANT

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Les manifestations cliniques des TSLO

Des signes précoces prometteurs mais peu spécifiques

Il n’est pas encore possible de reconnaître cliniquement une altération des capacités perceptives du bébé, même si l’on en pressent l’importance dans le développement de la compréhension des mots, en association avec la vision des objets, les situations ou émotions qui y sont rattachées. En revanche, le babillage, précurseur des premiers « mots » signifiants produits par le bébé, serait un indicateur d’un développement altéré. À l'avenir, des moyens d’investigation plus sophistiqués, comme les potentiels évoqués ou l’imagerie, nous permettront peut-être d’aller plus loin dans la caractérisation des anomalies du babillage et facilitant le diagnostic d’un TSLO. Restera la question des prises en charge évaluées à proposer.

Le nombre de mots produits avant trois ans est aussi une manifestation clinique, mais son caractère pathologique est difficile à apprécier compte tenu des variations interindividuelles considérables du rythme de l’accroissement spectaculaire du vocabulaire entre douze et trente mois (explosion lexicale), observable dans toutes les langues du monde. Les « parleurs tardifs » à partir de deux ans ont fait l’objet de nombreuses études rigoureuses concernant la stimulation langagière. Leurs résultats sont variables, mais globalement ils sont plus efficaces sur l’expression du vocabulaire et de la syntaxe que sur la compréhension.

Deux âges clés pour le repérage : la quatrième et la sixième année

À l’entrée en maternelle, les principaux symptômes d’un TSLO sont un nombre limité de mots dits ou compris, ou l’absence de phrase construite. Une prononciation altérée des mots, souvent remarquée par l’entourage, n’a aucune valeur prédictive à l’âge préscolaire, car son développement naturel est bien plus tardif, lié à la maturation de la motricité des muscles de la sphère orale. En revanche, un vocabulaire et une syntaxe pauvres sont essentiels à reconnaître ainsi que les difficultés de compréhension, difficiles à repérer mais hautement prédictives d’un déficit ultérieur.

Les variations individuelles dans le développement du langage s’amenuisent à partir de cinq ans, et le langage oral est le plus fiable facteur prédictif de l’acquisition de la lecture et de l’orthographe. À cette période, toute altération du langage doit conduire à une évaluation et une prise en charge.

Après six ans, des manifestations variées avec des points communs

Les troubles expressifs les plus constants concernent la phonologie et la syntaxe. Les troubles phonologiques sont souvent nets et persistants, les productions restant parfois encore très éloignées de la cible. Leur sévérité est variable, mais ils peuvent encore entraver l’intelligibilité des propos de l’enfant. Les troubles syntaxiques se manifestent dans le langage spontané, induit ou en répétition. L’ordre des mots n’est pas respecté, les articles ou pronoms sont absents ou mal utilisés, les verbes mal ou non conjugués. Le plus souvent, la compréhension est soit normale, soit moins altérée que l’expression. Les difficultés de compréhension, lorsqu’elles existent, peuvent toucher la structure syntaxique ou le vocabulaire du fait des difficultés de discrimination des sons proches (« caniche », « canif »). Malgré la pauvreté de son langage, grâce à ses capacités de communication, l’enfant peut se faire comprendre par gestes, mimiques, etc. Néanmoins, la difficulté d’être compris peut altérer sa conceptualisation ou modifier ses relations (fusion avec la mère, colère ou repli).

Lorsqu’ils voient ces enfants dans une structure spécialisée, les observateurs sont frappés par un point commun : le contraste entre leurs capacités intellectuelles et de communication et le peu d’intelligibilité du langage. Mais la disparité des symptômes, en termes d’intensité et de profil, fait que chaque enfant est unique ou presque. Ce qui rend difficile tout essai de classification.

Langage oral et apprentissages scolaires

Les déficits du langage oral sont très prédictifs de déficits ultérieurs en lecture. En 1990, une enquête portant sur vingt-quatre enfants atteints de TSLO, âgés de plus de neuf ans, montrait que quatre seulement étaient lecteurs. Depuis, les connaissances du fonctionnement cognitif guident les techniques pédagogiques et rééducatives et ont changé ce sombre pronostic.

Deux fonctions cognitives langagières souvent altér [...]

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Pour citer l’article

Catherine BILLARD, « TROUBLES DU LANGAGE ORAL CHEZ L'ENFANT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/troubles-du-langage-oral-chez-l-enfant/