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TROUBLES DU DÉVELOPPEMENT

Les troubles du développement constituent un ensemble hétérogène de désordres qui se manifestent précocement par des difficultés globales d’adaptation ou par des problèmes plus circonscrits d’apprentissage ou de comportement. Ces troubles perturbent l’évolution du jeune enfant et induisent des déficits et des anomalies qualitatives dans le fonctionnement intellectuel, sensoriel, moteur ou du langage. Les difficultés peuvent être isolées ou combinées, et sont parfois associées à des troubles de la communication et de l’adaptation sociale.

Cette notion de troubles du développement est entrée dans le vocabulaire des cliniciens avec l’apparition de disciplines comme la pédiatrie du développement et la neuropsychologie de l’enfant. La convergence de ces disciplines a en effet contribué à faire reconnaître le soubassement neuropsychologique de troubles qui ont pu être considérés autrefois comme le résultat d’un blocage ou de perturbations affectives.

C’est en 1980 avec la classification américaine des troubles mentaux (DSM-III) qu’apparaît la notion de troubles du développement, avec une distinction claire entre les troubles envahissants du développement et les troubles spécifiques du développement qui concernent les difficultés d’apprentissage. Alors que cette notion était déjà présente dans les classifications internationales depuis les années 1980, les troubles neurodéveloppementaux se révèlent être une catégorie à part entière dans la classification des maladies depuis la parution de la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5, American Psychiatric Association, 2013). Cette nouvelle dénomination vient affirmer plus explicitement l’implication de dysfonctionnements neurologiques.

Le dénominateur commun à tous les troubles du développement est donc l’intervention d’un facteur perturbant le développement du système nerveux central à un stade précoce, avec des effets immédiats et des conséquences à long terme, dans la mesure où les expériences sur lesquelles s’appuie le développement normal se trouvent altérées. Bien que l’étiologie précise ne soit pas toujours connue, la notion de dysfonctionnement cérébral est nettement associée au concept de trouble du développement, et situe le problème sur le terrain de la neuropsychologie, sans d’ailleurs que cela exclue la dimension affective et relationnelle inhérente au développement d’un enfant. Cette dimension n’est simplement pas primordiale dans l’apparition du trouble.

Les troubles neurodéveloppementaux recouvrent la déficience intellectuelle, les troubles de la communication, les troubles du spectre autistique, le déficit d’attention avec ou sans hyperactivité, les troubles spécifiques des apprentissages et les troubles moteurs. Ces désordres sont causés par une variété de facteurs génétiques et environnementaux dont la cause n’est pas toujours connue. Les déficits induits varient de légères limitations d’apprentissage, de perturbations des fonctions exécutives à des anomalies globales des compétences sociales ou de l’intelligence. Ces troubles peuvent apparaître seuls ou être combinés. Ils affectent environ 1 à 2 p. 100 de la population, et les anomalies qu’ils entraînent persistent tout au long de la vie, même si des progrès peuvent être obtenus par des rééducations adaptées.

Déficiences intellectuelles

Les déficiences intellectuelles sont des troubles du développement dans lesquels c’est la sphère du développement cognitif qui est la plus atteinte.

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Écrit par

  • : professeure des Universités, université de Toulouse-Jean-Jaurès, membre senior de l'Institut universitaire de France

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • AMUSIE

    • Écrit par Séverine SAMSON
    • 327 mots

    L’amusie est un trouble neurologique qui affecte à des degrés variables la perception et la production musicales. Celui-ci ne s’explique pas par une baisse de l’acuité auditive (surdité), une déficience intellectuelle ou motrice. Cette perte sélective de la fonction musicale contraste avec des...

  • AUTISME

    • Écrit par Jacques HOCHMANN
    • 3 367 mots
    • 1 média
    ...États-Unis puis en France, une reconnaissance légale de l'autisme, la définition des troubles autistiques tend donc à s'étendre à un ensemble polymorphe de « troubles envahissants du développement ». Ils recouvrent outre l'autisme et le syndrome d'Asperger, la maladie de Rett (une maladie de la petite fille,...
  • ÉPILEPSIE

    • Écrit par Henri GASTAUT, François MIKOL
    • 6 164 mots
    • 3 médias
    Les troubles du développement embryonnaire du cerveau comprennent, parmi les plus épileptogènes, les dysplasies corticales : désorganisation de la structure du cortex et malformations cellulaires (cellules en « ballon »), ou neurones ectopiques dans la substance blanche par arrêt de leur migration...
  • PSYCHOLOGIE CLINIQUE DES RELATIONS PARENTS-ENFANTS

    • Écrit par Nicolas FAVEZ
    • 1 778 mots
    Conclusion. La psychologie clinique des relations parents-enfant a montré l’importance de considérer les troubles du développement de l’enfant dans le contexte des relations dyadiques parents-enfant, et également de tenir compte de la relation entre les parents, c’est-à-dire de raisonner au minimum...

Voir aussi