TROIS DISCOURS SUR LE POÈME DRAMATIQUE, Pierre CorneilleFiche de lecture

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Du vraisemblable au sublime

Concernant l'Histoire, le vrai, le vraisemblable, le nécessaire, Corneille affirme que l'auteur doit donner l'impression au spectateur qu'il assiste au déroulement d'une action véritable dont la catastrophe doit être reculée le plus loin possible dans l'ordonnance de la pièce (Cinna étant le plus bel exemple). Au travers des complexités et des péripéties, qui la diffèrent, et de séquences qui doivent toutes être rattachées au sujet principal – comme les seconds personnages doivent tous être placés dans un rapport étroit avec le « premier acteur » –, l'action peut ainsi aboutir à un dénouement frappant et pathétique. Toutefois, il lui faut, d'une part, être disposée afin d'impliquer le spectateur : les actions sont ainsi mises en place dans un rapport de nécessité interne qui doit impérativement mener au dénouement. Elle doit, d'autre part, faire appel aux connaissances historiques du spectateur. C'est pourquoi le recours à l'Histoire et à ses faits extraordinaires, pourvu qu'ils soient célèbres, n'aura rien d'invraisemblable (et là Corneille s'oppose à d'Aubignac). Il autorise au contraire la représentation de grandes actions qui permettent le pathétique et créent le sublime. En d'autres termes, la « vérité » de l'Histoire, en ce qu'elle a d'exceptionnel, est encore plus vraisemblable que la vraisemblance communément admise, et c'est en cela qu'elle est nécessaire et intéressante. Cependant, l'Histoire pourra elle-même être rendue plus terrible et plus admirable si l'on accentue certains traits, si l'on falsifie quelques actions, ou si l'on invente quelques personnages vraisemblables, à la condition que ces ajouts ne choquent pas la connaissance que l'on a de la fable garantie par l'Histoire.

Pour les tragédies merveilleuses, enfin, il suffira de prendre toute la mesure de la vraisemblance qui [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire et d'esthétique du théâtre à l'université de Paris-X-Nanterre

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CORNEILLE PIERRE

  • Écrit par 
  • Paul BÉNICHOU
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Dans le chapitre « Corneille et le genre tragique »  : […] Corneille était certainement convaincu de l'excellence de la tragédie régulière ; son théâtre a marqué un moment dans le triomphe progressif des règles. On n'en trouve pas moins chez lui, de façon latente, une résistance à la régularisation du poème tragique. Il hésitait, à ses débuts, entre le goût moderne et la discipline des doctes. Le Cid est une tragi-comédie médiocrem […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-corneille/#i_29094

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Pour citer l’article

Christian BIET, « TROIS DISCOURS SUR LE POÈME DRAMATIQUE, Pierre Corneille - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/trois-discours-sur-le-poeme-dramatique/