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THOMPSON sir BENJAMIN comte de Rumford (1753-1814)

Physicien britannique, né le 26 mars 1753 à Woburn (Massachusetts), mort le 21 août 1814 à Auteuil (France).

Sujet britannique né dans l’une des treize colonies américaines, Benjamin Thompson épouse en 1772 une veuve fortunée, Sarah Walker, et s’installe à Rumford (auj. Concord), dans le New Hampshire. Fidèle à la Couronne britannique, il devient espion lorsque la révolution américaine éclate, mais est contraint de fuir à Londres en 1776, laissant sa femme et sa fille derrière lui. Thompson est alors employé auprès du gouvernement, puis sous-secrétaire d’État. Promu lieutenant-colonel, il commande un régiment britannique à New York, mais se résigne à l’exil à la fin de la guerre.

Fait chevalier par le roi George III en 1784, Thompson reçoit la permission royale d’entrer dans l’administration bavaroise, devenant ainsi ministre de la guerre et de la police et grand chambellan de l’électeur de Bavière. Il introduit alors de nombreuses réformes sociales et généralise l’utilisation de la machine à vapeur de James Watt, dont il améliore le foyer et la cheminée. Il invente également un bain-marie, une cuisinière et une cafetière à filtre. Il fait également de la pomme de terre une denrée de base. En reconnaissance, il est nommé comte du Saint Empire en 1791 et prend le titre de comte de Rumford. Son intérêt pour la poudre et les armes stimulant ses recherches en physique, il commence à étudier les phénomènes de chaleur et de friction en 1798. Il rapporte certaines de ses découvertes dans un article désormais célèbre, « An Experimental Enquiry Concerning the Source of the Heat which is Excited by Friction » (1798), où il est l’un des premiers à mettre en relation la chaleur et l’énergie mécanique (premier principe de la thermodynamique). Précurseur de la thermodynamique moderne, il invalide ainsi la théorie selon laquelle la chaleur serait un fluide calorique et annonce qu’il s’agit en réalité d’une forme de mouvement.

Thompson rentre en Angleterre en 1798 et poursuit ses recherches sur la nature de la chaleur. En 1799, il propose de créer la Royal Institution, qui naîtra peu après de ses efforts conjoints avec sir Joseph Banks, et demande au chimiste anglais Humphry Davy d’y dispenser des cours. Il instaure également la chaire Rumford au Harvard College et crée la médaille Rumford de la Royal Society (Londres) ainsi qu’une récompense similaire à l’académie américaine des arts et des sciences (Boston).

— Universalis

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Écrit par

  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CALORIQUE

    • Écrit par Georges KAYAS
    • 376 mots

    Ancien nom de la chaleur considérée comme un fluide pondérable dérivant du feu platonicien. Passant à travers les parois des vases (à cause de l'acuité de ses arêtes et de ses sommets pointus), il provoquait, d'une part, la dilatation des corps (en s'insinuant entre leurs propres particules qu'il...

  • THERMODYNAMIQUE - Histoire

    • Écrit par Arthur BIREMBAUT
    • 8 826 mots
    • 3 médias
    L'officier américain Benjamin Thompson (1753-1814) entreprit, durant un séjour à Munich, d'approfondir la nature de la chaleur. Il expérimenta tout d'abord sur trois flacons de même poids, emplit le premier d'eau, le deuxième d'esprit-de-vin, le troisième de mercure et placés pendant vingt-quatre...
  • THERMODYNAMIQUE (notions de base)

    • Écrit par Bernard DIU
    • 6 036 mots
    ...calorique : elle représentait la chaleur comme une substance sans masse qui se déversait d'un corps chaud vers un corps froid. C'est l'Américain Benjamin Thompson (1753-1814) qui porta le coup fatal à ce concept en montrant publiquement que la chaleur ne possédait pas les propriétés supposées du...

Voir aussi