THÉMIS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Fille d'Ouranos et de Gaia, avec laquelle elle se confond parfois (Eschyle, Prométhée, 209), Thémis est, parmi les Titanides, la déesse de la Loi. Elle est, après Mêtis, la seconde des épouses divines de Zeus (Hésiode, Théogonie, 901 sq.). Avec ce dernier, elle engendre les trois Heures (Eunomia, Dikè et Eirènè) qui veillent sur les actions des hommes, les trois Moires (les Parques), qui décident du bien et du mal pour les mortels, la vierge Astrée, personnification de la justice, et les nymphes de l'Éridan. Seul Eschyle en fait la mère de Prométhée. Bien qu'elle soit de la première génération, elle reste associée aux Olympiens, qu'elle invite à tenir conseil et dont elle ouvre les banquets (L'Iliade, XV, 95 ; XX, 4 ; L'Odyssée, II, 68) : elle le doit à ses relations avec Zeus, mais aussi à son rôle de sage conseillère (c'est elle qui invite celui-ci à se vêtir de la peau de la chèvre Amalthée, l'égide, dans sa lutte contre les Géants) et à son don pour les oracles qu'elle a inventés au même titre que les rites et les lois éternelles. C'est elle qui enseigne à Apollon l'art de la divination et qui possédait avant lui le sanctuaire pythique de Delphes (Eschyle, prologue des Euménides). Son rôle est, cependant, assez effacé dans l'épopée homérique : ce ne sont plus les grandes déesses mères qui font la loi, mais des divinités masculines ou quasiment masculines (Zeus, Apollon, Athéna).

—  Robert DAVREU

Écrit par :

  • : enseignant en littérature générale et comparée à l'université de Paris-VIII, poète et traducteur

Classification


Autres références

«  THÉMIS  » est également traité dans :

ÉLECTRE

  • Écrit par 
  • Robert DAVREU
  •  • 645 mots

Celle en qui des psychanalystes épris de symétrie ont voulu voir la petite sœur d'Œdipe est en réalité la sœur d'Oreste, et la fille d'Agamemnon et de Clytemnestre. Dans L'Iliade , son père ne l'évoque que sous le nom de Laodice, entre ses deux sœurs, Chrysothémis et Iphianassa (Iphigénie). Si ce nom disparaît complètement chez les poètes tragiques au profit de celui sous lequel elle est restée da […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/electre/#i_8717

HÉSIODE (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Marcel DETIENNE
  •  • 2 495 mots

Dans le chapitre « La Théogonie : un mythe de souveraineté »  : […] Dès les premiers vers de la Théogonie (Θεογονία, généalogie des dieux), Hésiode s'affirme comme un poète inspiré, que les Muses ont choisi pour dire « ce qui sera et ce qui fut », et pour célébrer « la race de bienheureux toujours vivants ». Si l'on voulait ne voir dans cette affirmation qu'une référence banale à la vocation poétique, on commettrait le plus grave des contresens. En invoquant le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hesiode/#i_8717

ZEUS

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 547 mots
  •  • 2 médias

« Père des dieux et des hommes », Zeus est à la fois, et sans doute dès l'origine, un dieu parmi les autres, avec un cycle légendaire propre, et le dieu par excellence. Hésiode, dans sa Théogonie , nous dit comment le dernier fils de Cronos échappe au dieu dévorant par la ruse de sa mère, qui lui donne une pierre dans des langes ; puis, élevé dans un antre crétois par les Courètes, les Nymphes et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/zeus/#i_8717

Pour citer l’article

Robert DAVREU, « THÉMIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/themis/