TAAF (Terres australes et antarctiques françaises)

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Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) constituent un territoire d’outre-mer (TOM) depuis 1955, le législateur ayant alors détaché de Madagascar les îles du sud de l’océan Indien. Aujourd’hui, il s’agit d’une collectivité d’outre-mer (COM) et simultanément d’une administration d’État sise à Saint-Pierre de La Réunion, placée sous l’autorité d’un préfet. Sans élus ni population permanente, elles sont habitées par des techniciens, des scientifiques et des militaires s’y relayant. Cinq districts les composent : les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam ; l’archipel des Crozet (île aux Cochons, île de l’Est, île de la Possession, île des Pingouins et îlots des Apôtres) ; les îles Kerguelen, qui accueillent la base la plus importante, Port-aux-Français ; la Terre-Adélie, seul territoire continental des TAAF, situé en Antarctique et sur lequel la France est dite « possessionnée », car sa souveraineté s’exerce dans le cadre du traité de l’Antarctique signé à Washington en 1959 ; les îles Éparses (Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Tromelin et Glorieuses), autour de Madagascar et intégrées aux TAAF depuis 2007.

L’ensemble des TAAF est inhospitalier et les tentatives de mise en valeur par l’installation de populations permanentes se sont soldées par des échecs. Sur les îles Éparses, minuscules terres coralliennes et tropicales au ras de l’océan, revendiquées par Madagascar ou Maurice, l’eau douce manque. Ce sont les vents, rugissants et obsédants, qui singularisent l’archipel des Crozet et les îles Kerguelen, situés entre 460 et 490 Sud. Les conditions de navigation sont difficiles, du fait de l’état de la mer et des brusques changements de temps. La végétation est rabougrie et sans arbre, en raison des conditions climatiques.

Dans le sud de l’océan Indien, la rareté des terres émergées explique l’intérêt des TAAF, qui accueillent aujourd’hui de nombreuses recherches, coordonnées par l’Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV). Plus de deux cents scientifiques, en sciences de la vie comme de la Terre, s’y relaient chaque année. Météo-France y est présent dans chaque district, alors que le Centre national d’études spatiales (CNES) exploite aux Kerguelen une station de poursuite des satellites et que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) est installé à Crozet, aux Kerguelen et en Terre-Adélie pour vérifier l’application du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), ratifié par la France en 1998.

Les TAAF, dotées d’une zone économique exclusive de 1,6 million de kilomètres carrés pour les seules terres australes, bénéficient du statut de pays et territoire d’outre-mer (PTOM) qui leur permet d’échapper aux règles européennes relatives à la pêche maritime. La France peut donc, sans interférence de Bruxelles, attribuer à ses pêcheurs nationaux, et à eux seulement, l’accès à ses eaux subantarctiques. Cette exploitation concerne principalement la légine, un poisson très prisé des Japonais et l’un des plus chers du monde. La pêche est exercée par des armements français basés à La Réunion, 3 000 kilomètres au nord, car la réglementation des TAAF impose le débarquement de la totalité des captures dans un port français. Les campagnes de pêche à la légine, pendant l’été austral, sont réglementées et un total admissible de capture (TAC) est fixé chaque année. La pêche illégale des braconniers asiatiques ou sud-américains reste une menace constante, mais les moyens de surveillance ont été renforcés, sous la forme d’une augmentation des patrouilles et de coopérations bilatérales avec l’Australie et l’Afrique du Sud.

En 2006, la France a créé la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises, incluant la totalité de la surface terrestre des îles (7 665 km²) et un peu plus de la moitié de leurs eaux territoriales, soit 15 700 kilomètres carrés. Depuis 2016, cette réserve a été agrandie ; elle s’étend aujourd’hui sur plus de 670 000 kilomètres carrés. L’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO des « Terres et mers australes françaises » en juillet 2019 est une manière de reconnaître à l’échelle planétaire la valeur de ces écosystèmes.

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Écrit par :

  • : agrégé de géographie, professeur des Universités, université Côte d'Azur

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Pour citer l’article

Jean-Christophe GAY, « TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/taaf-terres-australes-et-antarctiques-francaises/