SPORTL'année 2010

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Le sport français a vécu un été 2010 tout en contraste. D'un côté, l'équipe de France de football, pathétique durant la Coupe du monde en Afrique du Sud, fut la risée de la planète entière : la pantalonnade de Knysna indigna tous ses supporters et irrita les plus hautes sphères de l'État. De l'autre, les équipes de France d'athlétisme et de natation – les deux sports olympiques majeurs – ont multiplié les exploits durant leurs Championnats d'Europe respectifs : ces deux sports ont offert à la France trente-neuf médailles (dont seize en or) ; en outre, tous ces champions ont fait souffler un nécessaire vent de fraîcheur en dégageant une joie non feinte à Barcelone comme à Budapest. Par un mouvement de balancier, le désamour du public vis-à-vis des footballeurs a fait grimper en flèche la cote des athlètes et des nageurs. Claude Fauquet, responsable du sport de haut niveau à l'I.N.S.E.P., indique même que la catastrophe footballistique a pu servir de motivation à ceux-ci : « L'échec et l'autodestruction de l'image de l'équipe de France de football ont permis aux entraîneurs des sports moins médiatisés d'expliquer à leurs athlètes la nécessité de porter des valeurs essentielles à la réussite d'un groupe. D'où cet effet d'émulation et cette joie dégagée par les Bleus à Barcelone et à Budapest. » Il faut néanmoins souligner que l'Europe n'est pas le monde : un semi-échec de ces sportifs lors des Championnats du monde en 2011 et, surtout, aux jeux Olympiques de Londres en 2012 les ferait vite retomber dans l'anonymat médiatique. Indiquons par ailleurs, pour resituer l'importance respective de ces disciplines, que les primes liées au seul sponsoring, auxquelles les footballeurs ont finalement renoncé après quelques volte-face, se situaient à 3 millions d'euros, alors que la Fédération française d'athlétisme a versé au total 128 000 euros aux dix-huit médaillés de Barcelone et que la Fédération française de natation a octroyé au total 246 000 euros de primes de performance aux héros de Budapest...

Plus globalement, l'année 2010 fut marquée par deux événements majeurs assez réussis : les jeux Olympiques d'hiver de Vancouver constituèrent un indiscutable succès ; la Coupe du monde de football fut organisée de belle façon par l'Afrique du Sud et le triomphe de l'Espagne ne souffre pas la contestation, même si le spectacle s'avéra assez décevant. Par ailleurs, les handballeurs français, champions d'Europe, continuent de briller ; le Grand Chelem du XV de France dans le tournoi des six nations ne peut pas cacher que le rugby de l'hémisphère Sud affiche une nette supériorité dans la perspective de la Coupe du monde 2011 ; Rafael Nadal est redevenu le maître du tennis mondial, mais le circuit féminin s'avère de moins en moins attractif ; le jeune Sebastian Vettel a conquis de haute lutte son premier titre mondial en formule 1 ; Sébastien Loeb a remporté le Championnat du monde des rallyes pour la septième fois consécutivement...

Ainsi, de Vienne (Championnat d'Europe de handball, janvier) à Belgrade (finale de la Coupe Davis, décembre), en passant par Vancouver (jeux Olympiques d'hiver), Knysna et Johannesburg (Coupe du monde de football), le Tourmalet (Tour de France), Barcelone (Championnats d'Europe d'athlétisme), Budapest (Championnats d'Europe de natation), Tōkyō, où Teddy Riner est devenu champion du monde de judo pour la quatrième fois à vingt et un ans, Rotterdam, où Thomas Bouhail a offert à la gymnastique française un titre mondial attendu depuis 1913, le Grand Palais à Paris (théâtre prestigieux des Championnats du monde d'escrime), Abu Dhabi (dénouement du Championnat du monde de formule 1), le sport fut dans le monde entier sous les feux de l'actualité en 2010, pendant 365 jours ou presque.

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « SPORT - L'année 2010 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sport-annee-2010/