VETTEL SEBASTIAN (1987- )

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Pilote automobile allemand, Sebastian Vettel est devenu le 14 novembre 2010, à l'issue d'un improbable scénario, le trente-deuxième champion du monde de formule 1 et surtout le plus jeune : il était âgé de 23 ans et 135 jours. Pilote rapide, travailleur acharné, champion charismatique doté d'un sens aigu des relations humaines, on sentait déjà qu'il possédait tous les atouts pour se construire un magnifique palmarès.

Sebastian Vettel est né le 3 juillet 1987 à Heppenheim (Hesse). Son père, un passionné de sports mécaniques, offre au gamin un kart à l'occasion d'un Noël. Cet objet d'amusement devient rapidement un instrument de compétition : le pilote en herbe dispute sa première course de karting alors qu'il n'est âgé que de huit ans. Gerhard Noack, propriétaire d'une petite écurie de karting qui eut naguère sous sa coupe Michael Schumacher, l'engage et le prend sous son aile. Rapidement, Helmut Marko, responsable de la filière pilotes chez Red Bull, remarque ses qualités ; il le soutient financièrement, l'intègre en 2000 dans son écurie de kart junior, puis lui permet de s'essayer au sport automobile, d'abord dans le Championnat d'Allemagne de formule BMW, que Vettel remporte magistralement en 2004 (388 points sur 400 possibles), puis en formule 3 Euro Series, au sein de l'écurie française ART, en 2005 et en 2006. Frédéric Vasseur, le patron de cette équipe, loue la maturité de ce garçon de dix-huit ans et son sens des relations humaines. Pourtant, les résultats ne sont pas totalement au rendez-vous, car Sebastian Vettel multiplie les activités : essais en formule 1 pour BMW, courses de formule 3 Euro Series, mais aussi compétitions de formule Renault ; il se classe néanmoins deuxième du Championnat de formule 3 Euro Series en 2006.

Sebastian Vettel fait ses débuts en formule 1 le 17 juin 2007, à l'occasion du Grand Prix des États-Unis : il remplace le Polonais Robert Kubica, blessé, et se classe huitième de la course ; à moins de vingt ans, il inscrit donc son premier point dans le Championnat du monde – les records de précocité jalonneront la carrière du pilote allemand. Cette prestation lui vaut d'intégrer l'écurie Toro Rosso, la « petite sœur » de Red Bull. Vettel, travailleur acharné capable de se remettre perpétuellement en cause, avide d'apprendre, transmet sa volonté de progresser aux ingénieurs et aux mécaniciens ; tout cela se concrétise le 13 septembre 2008 : imperturbable sous la pluie, il gagne le Grand Prix d'Italie à Monza, devenant, à 21 ans, 2 mois et 11 jours, le plus jeune vainqueur d'une course de formule 1. Cette année-là, il termine huitième du Championnat du monde, mais son talent a ébloui tous les observateurs et, en 2009, il rejoint l'équipe Red Bull, au sein de laquelle il remplace le Britannique David Coulthard. À l'occasion d'une saison atypique qui voit les grandes écuries (McLaren, Ferrari) connaître des difficultés et l'équipe Brawn GP dominer très nettement le lot, Vettel forge sans doute son succès mondial à venir. En effet, il apporte à Red Bull, le 19 avril 2009, à l'occasion du Grand Prix de Chine, la première victoire de son histoire, remporte quatre grands prix au total et se montre le seul pilote capable de rivaliser avec le Britannique Jenson Button, champion du monde au volant de sa Brawn GP, devant Vettel. Surtout, il travaille de façon méticuleuse et sans relâche, fait partager son enthousiasme à tous : il devient la véritable coqueluche de cette écurie où tout le monde l'adore ; Guillaume Rocquelin, son ingénieur, indique que les mécaniciens chevronnés qui avaient connu jusque-là des années de galère n'oublieront jamais que ce tout jeune homme leur a enfin fait goûter à la victoire.

La saison 2010 voit une compétition acharnée entre plusieurs pilotes et naître une rivalité au sein de l'équipe Red Bull-Renault. La Red Bull RB6 s'avère la meilleure monoplace du plateau, Vettel, le plus rapide des pilotes (il réalise 10 pole-positions en 19 grands prix). Néanmoins, la vélocité de Vettel ne se concrétise pas toujours durant les courses : il est victime à plusieurs reprises de défaillances mécaniques – ce qu'il ne reproche jamais aux techniciens de Red Bull et de Renault –, commet quelques erreurs de jeunesse, dont la plus spectaculaire se produit à l'occasion du Grand Prix de Turquie (il accroche son coéquipier Mark Webber, alors en tête, en tentant un dépassement osé). Le Grand Prix de Corée du Sud, antépénultième course de l'année, semble sonner le glas des espoirs de Vettel et met l'équipe Red Bull en position délicate : alors que la pluie tombe dru, Webber, leader du Championnat, sort de la piste ; Vettel se trouve en tête mais, une nouvelle fois, il est trahi par la mécanique et abandonne. Ce scénario catastrophe profite à l'Espagnol Fernando Alonso : bien que sa Ferrari F10 soit moins performante que les Red Bull, il devient le leader du Championnat du monde. Webber, deuxième à 11 points, semble son seul rival ; Vettel, désormais quatrième à 25 points, paraît hors du coup.

La victoire de Vettel dans le Grand Prix du Brésil provoque la liesse chez Red Bull, car elle assure à l'écurie le titre mondial des constructeurs, mais elle suscite quelques commentaires étonnés dans les paddocks : Christian Horner, le directeur de cette écurie, a refusé de donner des consignes d'équipe – lesquelles sont alors, il est vrai, interdites de manière hypocrite –, c'est-à-dire de « suggérer » à Vettel de laisser passer Webber, deuxième, dans l'optique du titre mondial des pilotes. Aussi, à la veille de la dernière course de l'année, le Grand Prix d'Abu Dhabi, Alonso se trouve en tête du Championnat (246 points), devant Webber (238 points) et Vettel (231 points). Pour espérer devenir champion du monde, Vettel doit donc remporter cette course, mais aussi compter sur une déroute de ses rivaux. Aussi bien aux essais (pole-position) qu'en course (nette victoire), Vettel remplit son contrat ; a contrario, Webber est en retrait et la Scuderia Ferrari commet une erreur stratégique en décidant qu'Alonso doit « calquer » sa tactique sur celle de Webber. Au final, Alonso est septième, Webber huitième. Vettel devient donc champion du monde à l'issue de ce dénouement inattendu ; l'écurie Red Bull fête dans la liesse son héros, alors que Mark Webber, déçu, demeure à l'écart des réjouissances...

En 2011, Sebastian Vettel réussit la saison parfaite. Il remporte cinq des six premiers grands prix de l’année, et il apparaît rapidement que personne ne sera en mesure de rivaliser avec le jeune pilote allemand. Puis il poursuit sa marche triomphale : alors que quatre courses sont encore au programme, il est mathématiquement assuré du titre mondial. Son bilan est impressionnant : il a gagné onze des dix-neuf courses de l’année, figurant dix-sept fois sur le podium ; il a réalisé quinze fois la pole-position, battant le record [...]

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « VETTEL SEBASTIAN (1987- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sebastian-vettel/