SOCIÉTÉS ANIMALES

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Les contraintes de la vie sociale

S'associer apporte des avantages, mais occasionne aussi des coûts. La vie en groupe favorise la transmission des maladies infectieuses et le parasitisme Elle a également pour conséquence d'élever le niveau de compétition entre congénères, qu'il s'agisse de l'accès aux ressources alimentaires ou aux partenaires sexuels. Les influences réciproques entre individus ont, en outre, pour effet de faire naître des structures qui canalisent les comportements des individus.

Compétition sociale et manipulation des congénères

La rivalité entre partenaires de même sexe ou de sexe différent entraîne des mécanismes de sélection sexuelle qui sont à la base des différents systèmes d'appariement des animaux. Certains conflits d'intérêt ont des conséquences directes sur la reproduction des individus. Chez les lions, les mâles forment des associations de frères ou cousins qui doivent prendre le contrôle d'un groupe de femelles pour être en mesure de s'accoupler. À cette fin, ils affrontent les mâles résidents. Ayant réussi à les chasser, les nouveaux venus tuent les lionceaux présents dans le groupe. Cet infanticide a pour effet d'accélérer le retour en chaleur des lionnes et donc la reproduction des mâles. Chez les espèces où des auxiliaires participent à l'élevage de la progéniture du couple reproducteur, on constate souvent une suppression de la reproduction des auxiliaires : la femelle dominante inhibe la fonction ovarienne des autres femelles ou même tue leur descendance chez des animaux comme les ouistitis ou les chacals et les lycaons.

La compétition pour les ressources peut s'exercer sous deux formes différentes. Dans la compétition par exploitation, l'interaction entre animaux est indirecte, la consommation de l'un ayant pour effet de réduire la quantité de nourriture accessible à l'autre. C'est une tactique employée quand la ressource n'est pas défendable, par exemple si la nourriture est dispersée, il s'agit alors pour chacun d'augmenter son efficacité d'exploitation. Dans la compétition par interférence, la ressource peut se voir monopolisée par l'un des protagonistes et le plus fort tente d'exclure le plus faible. Cela peut donner lieu à des conflits ouverts ou se régler par l'échange de signes de dominance et de soumission. De nombreuses espèces possèdent des signaux d'apaisement qui ont pour fonction de prévenir une escalade dans l'agression, toujours susceptible de mettre en danger le lien social qui unit les membres du groupe. Les singes et les hyènes ont développé des comportements de réconciliation où, à la suite d'un conflit, les opposants se rapprochent à l'aide de différents signaux d'apaisement, après quoi ils peuvent entrer en contact ou se toiletter l'un l'autre, restaurant ainsi leurs relations.

Les conflits d'intérêt suscitent diverses tactiques de manipulation par lesquelles un individu influence un congénère de manière à ce que celui-ci se comporte dans l'intérêt du premier. Au contraire de la communication vraie où l'information transmise est « honnête », dans la manipulation le comportement de l'individu émetteur a pour but de tromper l'individu récepteur. Par exemple, un coq qui découvre un aliment évite de vocaliser si un autre coq est présent. De même, une mésange émet un faux cri d'alerte pour pousser ses voisines à abandonner une source de nourriture. Chez de nombreuses espèces, les parades de menace représentent un bluff visant à impressionner l'adversaire par des comportements exagérant la taille de l'individu ou sa motivation à attaquer. Il s'agit de comportements qui sont le produit de la sélection naturelle et n'impliquent pas nécessairement l'existence de facultés cognitives élaborées. D'autres fois, l'individu peut réellement avoir l'intention de dissimuler. C'est probablement le cas chez le grand corbeau ou le chimpanzé, animaux capables de cacher une information telle que l'emplacement d'un site alimentaire ; ils ne le visitent qu'après s'être assurés qu'ils ne peuvent être vus par un congénère.

Auto-organisation et histoire évolutive

Comme la compétition, la coopération peut produire des structures complexes par des règles de comportement élémentaires, c'est ce que l'on nomme l'auto-organisation. Le simple fait que l'action d [...]

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Sociétés animales : niveaux d'intégration

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Sociétés animales : la coopération et ses origines

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Pour citer l’article

Bernard THIERRY, « SOCIÉTÉS ANIMALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/societes-animales/