INFÉRIORITÉ SENTIMENT D'

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Expression qui fut surtout employée par Alfred Adler (Minderwertigkeitsgefühl) et qu'on pourrait rapprocher de celle de « sentiments d'incomplétude » de Pierre Janet. Pour Adler, le sentiment d'infériorité est fondé sur la réalité : la personne qui l'éprouve est effectivement dans une situation d'infériorité organique ou fonctionnelle. Dans le sentiment ou complexe d'infériorité, l'individu essaie de compenser avec plus ou moins de bonheur cette déficience constitutive. D'une manière plus générale, on pourrait, avec J. M. Sutter, définir un tel sentiment comme l'« impression pénible d'être inférieur à la normale, ou à un idéal désiré, soit dans un secteur déterminé, soit dans tous les domaines » (Manuel alphabétique de psychiatrie).

Alfred Adler

Alfred Adler

Photographie

L'Autrichien Alfred Adler (1870-1937), médecin et psychanalyste, fut, à Vienne, l'élève de Freud. 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

On rapprochera ce sentiment d'une sorte de masochisme moral, par lequel le sujet savoure, en une espèce de délectation amère, ses insuffisances réelles ou imaginaires, et évoque parfois la malédiction ancestrale ou divine dont il est l'innocente victime (cf. le surmoi réprobateur et vengeur). Pour Adler, les névroses et la plupart des affections mentales, ainsi que la genèse et la formation de la personnalité psychique, s'expliqueraient par le processus mis en œuvre pour réagir contre les infériorités physiques (fonctionnelles, morphologiques, constitutionnelles), si minimes soient-elles, qui apparaissent dans l'enfance. « Le sujet se forge un but final, purement fictif, caractérisé par la volonté de puissance, but final qui [...] attire dans son sillage toutes les forces psychiques » (Le Tempérament nerveux, 1912). À l'encontre de cette conception, Freud a bien souvent rétorqué que les sentiments d'infériorité n'étaient pas déterminés nécessairement par une infériorité organique réelle ; de plus, ils ne sont pas, quand ils existent, la raison première, le facteur étiologique fondamental des névroses ; bien au contraire, il faut les comprendre et les interpréter comme une [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

Classification


Autres références

«  INFÉRIORITÉ SENTIMENT D'  » est également traité dans :

ADLER ALFRED (1870-1937)

  • Écrit par 
  • Alfred MEYER
  •  • 2 593 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les origines de la pensée d'Adler »  : […] Alfred Adler, né à Vienne en 1870, commença sa carrière en Autriche. Docteur en médecine en 1895, il fut élève de Freud, reconnaissant la haute valeur d'investigation psychique de la psychanalyse. Le point de départ de l'œuvre originale d'Adler, dans sa première étude publiée à Vienne en 1907, est constitué par ses observations sur les infériorités […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-adler/#i_1989

COMPLEXE, psychanalyse et psychologie

  • Écrit par 
  • Sylvie METAIS
  •  • 1 097 mots
  •  • 1 média

Le terme « complexe » appartient au vocabulaire de la psychologie des profondeurs et de la psychanalyse. C'est le psychiatre suisse Carl Gustav Jung qui, en 1902-1903, dénomme ainsi les phénomènes qu'il découvre lorsqu'il réalise son expérience des associations de mots. En effet, Jung, soucieux d'établir les théories de la psychologie à partir de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/complexe-psychanalyse-et-psychologie/#i_1989

Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « INFÉRIORITÉ SENTIMENT D' », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sentiment-d-inferiorite/