ROBERT D'ANJOU (1278-1343) comte de Provence et roi de Naples (1309-1343)

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Comte de Provence et roi de Naples (1309-1343), né en 1278, mort le 19 janvier 1343 à Naples.

La jeunesse de Robert d'Anjou est assombrie par le conflit des Vêpres siciliennes (1282), révolte des Siciliens contre l'hégémonie française, au cours duquel son père, Charles II d'Anjou, est fait prisonnier par les Aragonais. Le traité qui met fin aux hostilités en 1288 prévoit la libération de Charles, Robert le remplaçant comme otage à la cour d'Aragon. Prenant le titre de duc de Calabre en 1296, ce dernier conduit une expédition visant à arracher la Sicile au prince aragonais qui la gouverne, Frédéric III. La victoire militaire de Robert conduit au traité de Caltabellotta (1302), par lequel la cour d'Aragon accepte de restituer la Sicile à la maison angevine après la mort de Frédéric.

Lorsque son père meurt en 1309, Robert hérite du royaume de Naples ainsi que de vastes territoires dans le Piémont et en Provence. Pendant plusieurs années, il est impliqué dans diverses altercations politiques et militaires dans le nord de l'Italie. Chef des guelfes, il soutient en effet le Saint-Siège dans sa lutte contre l'empereur et les gibelins, réunis sous la houlette des Visconti de Milan. Robert vainc ces derniers à Sesto, à l'ouest de Gênes, en 1319. Soucieux de rallier les intérêts du pape Jean XXII dans une défaite ultime contre les gibelins, Robert s'installe en Avignon, siège de la papauté. Face à la victoire des Visconti sur les forces guelfes à Vaprio, à l'est de Milan, en 1324, il regagne cependant l'Italie pour défendre ses territoires.

Robert conserve sa neutralité lorsque le roi des Romains, Louis IV de Bavière, marche sur l'Italie, est couronné empereur à Rome en 1328 et dépose Jean XXII, qu'il remplace par l'antipape Nicolas V. Robert rompt toutes relations avec Jean XXII lorsque celui-ci s'allie au roi de Bohême, Jean Ier de Luxembourg, qui envahit le nord de l'Italie en 1330. En échange du soutien du roi Jean, le pape offre à ce dernier les territoires de Robert en Provence. La stratégie diplomatique du pontife remet en cause la rivalité traditionnelle entre guelfes et gibelins en Italie. La ligue que Robert rejoint, constituée de membres des deux factions, chasse le roi Jean d'Italie en 1336. Durant la fin de son règne, Robert assiste à la défection des villes qu'il possède en Italie du Nord et se révèle incapable de reprendre la Sicile après la mort de Frédéric III en 1337. L'autorité et l'influence de la maison d'Anjou ne cesseront alors de décliner dans la région.

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Dans le chapitre « Royaumes, républiques et seigneuries »  : […] Restent face à face des royaumes en déclin, des seigneuries triomphantes et quelques communes essayant de préserver leur liberté. Robert d'Anjou, roi de Naples, ne peut reconquérir la Sicile ; nommé par le pape Jean XXII vicaire impérial en Italie, il est le chef des guelfes, protecteur de Florence, mais se heurte à une coalition des seigneurs de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-histoire/#i_17518

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« ROBERT D'ANJOU (1278-1343) - comte de Provence et roi de Naples (1309-1343) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-d-anjou/