PSYCHOPATHOLOGIE COGNITIVE

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Les croyances dysfonctionnelles

Les croyances dysfonctionnelles sont constituées d’un ensemble complexe d’associations entre concepts, stockées en mémoire à long terme et qui influencent le fonctionnement cognitif, affectif et relationnel. Par exemple, en raison d’expériences précoces et de facteurs de personnalité, les personnes ayant reçu un diagnostic d’anxiété sociale ont développé des croyances problématiques sur elles-mêmes et sur leur univers social. Ces croyances sont de trois types :

– des standards excessivement élevés concernant les comportements et performances attendues (« Je ne dois montrer aucun signe de faiblesse » ; « Je dois avoir l’approbation de tout le monde »…) ;

– des croyances conditionnelles concernant les évaluations sociales (« Si je fais une erreur, les autres vont me rejeter » ; « Si je suis en désaccord avec quelqu’un, les autres vont penser que je suis stupide »…) ;

– des croyances inconditionnelles concernant les personnes elles-mêmes (« Je suis stupide » ; « Je suis inadapté »…).

Ces croyances conduisent les individus souffrant d’une anxiété sociale à estimer que les situations sociales constituent une source de danger, ce qui suscite un état d’anxiété lors de la confrontation à ces situations ou à leur anticipation. Il a par ailleurs été montré que les personnes présentant un état de stress post-traumatique ont développé des croyances les amenant à considérer que l’événement traumatique qu’elles ont vécu (avec ses séquelles physiques et psychologiques) n’est pas un événement limité dans le temps, mais qu’il a des implications générales pour leur vie actuelle et future (« Il n’y a pas d’endroit sûr » ; « J’attire les catastrophes » ; « À la suite de cet événement, je suis devenu fou »...). Associées à divers mécanismes, ces croyances contribueront au sentiment de menace constant ressenti par ces personnes. D’autres types de croyances dysfonctionnelles ont été mis en évidence dans certains états psychopathologiques, tels que la dépression (les croyances négatives sur soi, sur autrui et le futur) ou les troubles obsessionnels compulsifs (la croyance de responsabilité ou la croyance de posséder le pouvoir-clé de provoquer ou prévenir des conséquences négatives cruciales). Ces croyances dysfonctionnelles peuvent s’exprimer sur un mode plus ou moins conscient et une même croyance peut tantôt s’exprimer de façon consciente (pouvant être explicitement rapportée), tantôt demeurer non consciente (implicite). La restructuration de ces croyances dysfonctionnelles constitue un des objectifs d’une approche cognitive des interventions psychologiques.

Les croyances métacognitives, à savoir celles concernant les processus mentaux, peuvent aussi contribuer à la survenue et au maintien de symptômes psychopathologiques ou de comportements problématiques. En particulier, certaines croyances métacognitives, telles que croire qu’il faut impérativement être capable de contrôler ses pensées, que l’apparition de certaines pensées ou images mentales est anormale, néfaste, voire dangereuse, ou encore que se faire du souci et ruminer est utile et même nécessaire pour être en mesure d’affronter les incertitudes de la vie quotidienne et résoudre des problèmes, ont été impliquées dans l’anxiété généralisée, le trouble obsessionnel compulsif, le stress post-traumatique, la dépression, et la dépendance à des substances psychoactives. De façon plus spécifique, il a été suggéré que ces croyances métacognitives dysfonctionnelles seraient associées à un style cognitif particulier et inflexible favorisant un mode de pensée autocentré et une surveillance continue des pensées. Ce style cognitif contribue à perpétuer les pensées négatives et est susceptible de conduire à des stratégies d’adaptation (coping) contre-productives, telles que tenter de supprimer ses pensées ou recourir à des substances psychoactives. Dans ce contexte, il a été montré qu’une diminution des croyances métacognitives dysfonctionnelles pouvait notamment être obtenue par un entraînement attentionnel ayant pour but d’optimiser le contrôle attentionnel et la flexibilité cognitive.

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Martial VAN DER LINDEN, « PSYCHOPATHOLOGIE COGNITIVE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/psychopathologie-cognitive/