POP ET ROCK

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Avatars de la pop music

Michel Polnareff (Âme Câline) et Serge Gainsbourg (L'Histoire de Melody Nelson, 1971) arriveront ponctuellement à transcender le genre en français. En Grande-Bretagne, la tendance glam* rock s'impose avec des groupes comme T. Rex ou Roxy Music et avec le chanteur Gary Glitter. L'exemple d'Elton John est typique d'un artiste doué pour les mélodies (Rocket Man) et les arrangements travaillés (album Honky Château, 1972) mais qui glisse parfois vers la facilité, le kitsch musical et la rengaine. La fascination des créateurs pour le « bas rock » ampoulé est constante, comme en témoigne l'attrait de nombreux artistes pop (The Verve en tête) pour les mélodies du groupe suédois Abba.

Alors que le mouvement punk veut casser les icônes de la pop music, la new wave réhabilite certains de ses principes en apportant une dose d'électronique. Les groupes britanniques Depeche Mode (Master and Servant, 1985), ABC (The Lexicon of Love, 1982) et, surtout, Eurythmics [Sweet Dreams (are made of This), 1983] arrivent à donner au son pop une nouvelle jeunesse. Du côté de l'after beat* marqué, le groupe Squeeze et Paul Weller avec The Jam ou en solo amorcent un virage plus rock qui perpétue la voie tracée par The Small Faces de Steve Marriott. Plus tardivement, Tears For Fears enregistrera une musique sophistiquée, parfois proche du pastiche (The Seeds of Love, 1989). XTC (English Settlement, 1982), The Smiths et Prefab Sprout puisent plus ouvertement dans l'héritage pop et font le pont avec la britpop (british pop) des années 1990. À la fin des années 1980, Happy Mondays et, surtout, The Stone Roses, de Manchester, empruntent au psychédélisme et à l'acid house naissante tout en restant dans la veine pop.

L'arrivée massive de nouveaux sons électroniques produit, par opposition, un retour des musiques des années 1960 qui s'enclenche à la fin des années 1980. Lenny Kravitz ou The Black Crowes y puisent leur inspiration, tant au niveau du son, en utilisant le matériel ancien (« vintage ») des studios d'enregistrements, qu'à celui de l'écriture. Dans une Angleterre où un certain public est imperméable voire hostile aux nouveautés électroniques, la britpop finit par réactiver le genre avec Blur, Pulp, The Verve et, surtout, Oasis, le quintette des frères Gallagher reproduisant d'une manière presque fétichiste le son des Beatles en appliquant à la lettre le précepte de John Lennon : « Le problème n'est pas de voler, mais de voler aux meilleurs. »

Plus globalement, l'esprit pop s'est largement répandu dans la plupart des courants majeurs de la musique électrique populaire depuis les années 1960 en influençant indiscutablement leurs grammaires musicales. Preuve en est la production des Écossais de Belle And Sebastian, qui jouent une pop acoustique et naïve – certains diront maladroite – vénérée par les rockers intellectuels.

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Eugène LLEDO, « POP ET ROCK », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pop-et-rock/