VAGO PIERRE (1910-2002)

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L'architecte Pierre Vago est mort le 27 janvier 2002, à Noisy-sur-École (Seine-et-Marne), à l'âge de quatre-vingt-douze ans. Pendant plus de cinquante ans, ce personnage hors du commun a été constamment présent sur la scène internationale de l'architecture.

Pierre Vago est né le 30 août 1910 à Budapest. Fils du célèbre architecte hongrois József Vágó et de la cantatrice Ghita Lenart, il passe sa jeunesse à Rome, où son père a dû s'installer après la Première Guerre mondiale. En 1928, l'étudiant s'installe à Paris et, à vingt et un ans seulement, se voit confier par André Bloc la rédaction d'une nouvelle revue, L'Architecture d'aujourd'hui, fondée en 1930. Par sa curiosité, l'ampleur de ses relations, il donnera, au fil des années, une dimension exceptionnelle à cette publication, qu'il quitte en 1940 avant d'en reprendre la direction de 1945 à 1948 ; il en sera le président du comité de rédaction jusqu'en 1975. Au cœur des réseaux de l'architecture moderne, il tisse des liens étroits avec les plus grands créateurs de son temps. À l'École spéciale d'architecture – dont il obtient le diplôme en 1932 –, il reçoit l'enseignement d'Auguste Perret, à qui il vouera un attachement indéfectible au sein du débat français. Jugeant formaliste l'architecture de Le Corbusier et de ses émules, il prône tout au long des années 1930 le développement d'un classicisme moderne et rigoureux, dont Perret se fait alors le porte-parole. Naturalisé français en 1933, Vago prépare notamment, en 1935, un célèbre numéro de L'Architecture d'aujourd'hui destiné à répondre aux attaques nationalistes dont sont l'objet les modernes, et à montrer, écrit-il, « la contribution de notre pays à la naissance et à la formation de l'architecture „moderne“ et la continuité spirituelle de la tradition artistique française ».

Voyageur et médiateur infatigable, Vago organise, à partir de 1932, les Réunions internationales d'architectes et crée, en 1948, l'Union internationale des architectes (U.I.A.). Très présent dans les jurys des grands concours internationaux, enseignant dans plusieurs écoles européennes (École supérieure d'architecture Saint-Luc de Tournai en Belgique, Université d'été des beaux-arts de Salzbourg), Pierre Vago mène également, dans de nombreux pays, une brillante carrière d'architecte et d'urbaniste. Particulièrement actif dans le sud de la France, il est notamment chargé de l'aménagement et de la reconstruction d'Arles (1945-1966), où il construit, en se préservant de tout dogmatisme, plusieurs immeubles de logements et une église. Ce dernier programme est d'ailleurs fondamental dans son parcours. Après avoir douté, dans les années 1930, de la nécessité de nouveaux lieux de culte pour une société qu'il jugeait dépourvue de spiritualité, ce catholique très lié à l'Église depuis ses années romaines construira des églises au Mans (1955), à Laval (1961), Saint-Cyr-sur-École (1963), Salies-du-Salat (1967), et bien sûr à Lourdes, avec la basilique Saint-Pie-X (1958). Associé pour cette occasion aux architectes Pierre Pinsard et André Le Donné, ainsi qu'à l'ingénieur Pier Luigi Nervi, il aménage un vaste espace souterrain couvert par une structure de béton précontraint, pouvant accueillir 20 000 fidèles et pèlerins. Attentif aux besoins de ses maîtres d'ouvrage – il en fait une démonstration exemplaire au couvent des clarisses à Nazareth (avec Al Mansfeld, 1970), de même que dans les nombreuses écoles dont il est l'auteur –, respectueux des sites sur lesquels il intervient, Vago doit aussi se plier aux logiques économiques de son temps, par exemple au sein de la Z.U.P. des Sablons au Mans (1961-1975).

Sa carrière à l'étranger est tout aussi riche. Actif en Algérie et en Tunisie, où il construit des banques et des villas de 1949 à 1955, Vago participe à la conception du célèbre quartier Hansa-Viertel à Berlin, à l'occasion de l'exposition internationale du bâtiment Interbau, en 1957 ; il y édifie un immeuble de cinquante-neuf logements de quinze types différents, qui fait l'objet d'un remarquable travail plastique – on retrouve cette ap [...]

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Simon TEXIER, « VAGO PIERRE - (1910-2002) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-vago/