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PHILIPPE VI DE VALOIS (1293-1350) roi de France (1328-1350)

Roi de France (1328-1350), né en 1293, mort le 22 août 1350 près de Paris.

Fils aîné de Charles de Valois, Philippe est le cousin des frères Louis X le Hutin, Philippe V le Long et Charles IV le Bel, fils de Philippe IV le Bel, derniers représentants des Capétiens directs. À la mort de Charles IV en 1328, Philippe, confronté à l'opposition des partisans d'Édouard III d'Angleterre, assume la régence jusqu'à la fin de la grossesse de l'épouse du roi défunt. Celle-ci accouchant d'une fille, qui ne peut succéder à son père sur le trône, Philippe VI est reconnu roi. Sacré à Reims en mai 1328, il fonde ainsi la maison de Valois.

Lorsqu'une révolte éclate dans le comté de Flandre en août de la même année, le comte Louis de Nevers fait appel à Philippe pour rétablir l'ordre. Les chevaliers du roi massacrent alors des milliers de rebelles flamands lors de la bataille de Cassel. Quand, peu après, Robert d'Artois, qui a soutenu les prétentions dynastiques de Philippe, dispute le comté d'Artois à un membre de la famille royale, Philippe est forcé de lancer des procédures judiciaires contre Robert, qui devient alors son farouche ennemi. En 1334, Robert part pour l'Angleterre et commence à dresser Édouard III contre Philippe, précipitant la détérioration des relations entre les deux pays. Édouard III revendique à nouveau la couronne de France, ce qui déclenche la guerre de Cent Ans, en 1337. Les opérations militaires sont dans un premier temps limitées. En 1340, la France subit cependant une lourde défaite lors de la bataille navale de l'Écluse.

Parallèlement, la situation politique et économique s'est dégradée à l'intérieur du pays. L'influence prépondérante des personnes désignées par le puissant duc de Bourgogne au Conseil du roi fait des mécontents. De même, la gabelle instaurée par les ordonnances de 1341 et de 1343, sous prétexte de fournir au roi des subsides réguliers pour financer la guerre, se heurte à la résistance des trois ordres. Si cette taxe permanente profite à la bourgeoisie, qui sait se montrer reconnaissante et loyale envers le roi, elle pèse lourdement sur le reste de la population. Ces tensions provoquent en 1343 une crise grave qui oblige Philippe à convoquer à Paris les états généraux. Le clergé et la noblesse prônent alors une réforme financière et prennent des mesures pour apaiser l'opinion publique et alléger les impôts. Le pouvoir politique des états généraux ne cessera dès lors de grandir sous le règne de Philippe de Valois.

La défaite dévastatrice de la France à la bataille de Crécy en 1346 provoque une nouvelle crise. Afin de concilier les clans rivaux, le Conseil est contraint de confier les finances à trois abbés. Réunis à nouveau en novembre 1347, après la prise de Calais par les Anglais (août), les états généraux forcent une fois encore le roi à remanier son Conseil. L'épidémie de peste noire qui sévit en 1348 et 1349 fait cependant oublier toute question politique. Lorsque Philippe meurt en 1350, il laisse la France divisée par la guerre et la peste, bien que ses acquisitions aient permis d'agrandir le royaume. Incapable d'imposer au pays les mesures nécessaires au maintien du pouvoir monarchique, il poursuit néanmoins les efforts de centralisation de l'administration déployés par les Capétiens au xiiie siècle.

— Universalis

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Écrit par

  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

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Autres références

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