PERSONNALITÉ

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Définitions et modèles de la personnalité

S’il existe un large consensus sur la définition du terme de personnalité, l’étendue de cette notion varie d’un auteur à l’autre. Certains considèrent que la personnalité ne devrait rendre compte que des aspects dispositionnels, largement tributaires de l’hérédité, alors que d’autres vont proposer de considérer également différents mécanismes de régulation de l’expression de cette personnalité tels que les attentes de résultats ou le sentiment d’efficacité personnelle, qui rendent compte des anticipations des individus quant à l’impact de leurs comportements et de leurs capacités à réaliser ces comportements. Certains auteurs parlent de facteurs « distants » pour évoquer les dispositions héritées et peu influencées par l’environnement et de facteurs « proximaux » pour parler des caractéristiques individuelles plus influencées par le contexte et moins stables, comme l’estime de soi ou d’autres composantes de l’identité personnelle.

Les traits de personnalité sont des caractéristiques individuelles permettant de distinguer les individus entre eux, comme le fait d’être sociable, actif, amateur de sensations nouvelles, anxieux, persévérant, etc. Traditionnellement, on attribue quatre caractéristiques fondamentales à ces traits : l’individualité, qui rend compte du fait que chacun a un profil propre ; l’autonomie (l’individu dispose toujours d’une certaine autonomie dans l’expression de sa personnalité) ; la stabilité à travers le temps ; et la consistance à travers les situations. Cattell a proposé un modèle de l’organisation de ces traits dont l’ambition était d’être exhaustif et qui considérait que la personnalité pouvait être expliquée à l’aide de seize traits distincts mais interdépendants, alors qu’Eysenck était partisan d’un modèle plus économique de deux puis de trois dimensions : le névrosisme, qui rend compte de la stabilité émotionnelle ; l’introversion, qui s’oppose à l’extraversion ; et le psychoticisme, qui rendrait compte du conformisme social par opposition à la recherche de sensation et à l’impulsivité. Ces deux modèles très différents ont coexisté de nombreuses années. Dans les années 1990, une synthèse a été proposée par différents auteurs considérant que la personnalité pouvait être décrite à l’aide d’un modèle hiérarchique comprenant cinq ou six dimensions indépendantes expliquant un nombre plus important de traits de personnalité interdépendants, généralement entre vingt et trente. Il ne faut cependant pas concevoir la personnalité comme une collection de traits, mais comme une organisation dont les bases sont physiologiques et qui implique également des processus dynamiques, notamment dans son expression et sa régulation.

Le modèle le plus largement accepté est celui proposé par la théorie des cinq facteurs de Robert R. McCrae et Paul T. Costa Jr, qui postule que l’ensemble des traits de personnalité peut être expliqué de manière adéquate à l’aide de cinq dimensions indépendantes : le névrosisme, l’extraversion, l’ouverture, le caractère agréable et le caractère consciencieux. Le névrosisme rend compte de la capacité des individus à gérer leurs émotions ; l’extraversion de la tendance à chercher à interagir avec autrui et à prendre l’ascendant sur l’autre ; l’ouverture rend compte de l’intérêt des individus pour la nouveauté ; l’agréabilité de la capacité à interagir avec autrui de manière satisfaisante pour soi et pour autrui ; et le caractère consciencieux de la capacité à gérer ses pulsions, à planifier son action, et à atteindre les buts que l’on s’est fixés. Différents modèles proposent des variations de ce modèle en cinq facteurs, ainsi du modèle alternatif des cinq facteurs, qui suggèrent de remplacer la dimension d’ouverture par une dimension d’activité, ou encore du modèle HEXACO (honnêteté-humilité, émotivité, extraversion, agréabilité, caractère consciencieux et ouverture), qui tient compte d’une dimension supplémentaire.

Quel que soit le nombre exact de dimensions à considérer pour caractériser l’espace permettant de rendre compte de l’ensemble des traits de la personnalité, il est important de noter qu’il ne s’agit là que de tendances fondamentales (dispositionnelles) de la personnalité. L’expression de cette personnalité va mobiliser, en plus, différentes ressources adaptatives permettant à l’individu d’exprimer un comportement en adéquation avec les attentes de so [...]

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Écrit par :

  • : docteur en psychologie, professeur, université de Lausanne (Suisse)

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Pour citer l’article

Jérôme ROSSIER, « PERSONNALITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/personnalite/