NOMS VERNACULAIRES, botanique

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L'étude des noms vernaculaires qui ont été donnés à des végétaux et des champignons par les différents peuples du monde, au cours du temps et dans leurs langues, constitue un immense domaine encore très peu exploré (surtout pour les champignons) et dont on peut appeler les deux parties, selon qu'il s'agit de végétaux ou de champignons, « phytonymie » et « myconymie » ou, plus précisément si l'on y intègre vraiment une approche ethnologique, « ethnophytonymie » et « ethnomyconymie ».

Dans les langues vivantes naturelles, la situation des noms vernaculaires est évidemment tout autre que celle de la nomenclature scientifique (cf. règles internationales de nomenclature botanique). Ceux-ci ont été formés, en dehors de toute règle contraignante, au cours des siècles d'évolution de la langue, et dépendent tout d'abord de la flore présente dans l'environnement des locuteurs, puis des relations de ceux-ci avec leurs voisins, des voyages, de l'importation de plantes et des emprunts à d'autres langues. L'ethnobotanique et l'ethnomycologie étudient les connaissances qu'ont les différents peuples du monde de leur environnement végétal et mycologique et leurs relations avec celui-ci : tel végétal ou tel champignon peut ainsi être utilisé (comme plante alimentaire, médicinale, cosmétique, tinctoriale, textile, à bois – de construction, à sculpter ou de chauffage –, à gomme ou à résine, fourragère, mellifère, salifère, saponifère, magique, à usages artistiques, ludiques ou autres – par exemple, plantes toxiques utilisées comme poisons de chasse ou de pêche –, ou comme champignon alimentaire, médicinal, hallucinogène, magique ou autre), évité (car toxique ou tabou), plus ou moins réservé à certains initiés ou certaines circonstances (plantes ou champignons hallucinogènes), ou ignoré. Peut-on déceler quelques caractéristiques fréquentes des noms vernaculaires de végétaux et champignons, qui témoignent d'un mode traditionnel de classification et de compréhension du monde, et en dresser une typologie ?

Quelques aspects de la problématique en ethnophytonymie et ethnomyconymie

Ces deux disciplines jumelles, dans lesquelles la botanique ou la mycologie est unie à la linguistique et à l'ethnologie, peuvent donner lieu à bien des travaux de recherche.

Limitée à un peuple ou à une langue, une étude aussi exhaustive que possible du vocabulaire concernant les végétaux ou les champignons doit au moins examiner ou tenir compte des questions ou des faits suivants : quels sont les organismes connus (et par qui, à partir de quel âge, y a-t-il des différences selon le sexe ou/et le statut social) ? parmi ceux-ci, lesquels ne sont pas nommés et lesquels ont un ou plusieurs noms ? quelles sont les relations entre les utilisations (ou la non-utilisation) que l'on fait des végétaux ou champignons et leur(s) nom(s) ? quelle est l'origine, l'étymologie ou la signification des noms ? comment les noms ont-ils évolué, certains sont-ils tombés en désuétude ? y a-t-il des variantes locales ? y a-t-il des noms différents selon les niveaux de langue (« normal », « soutenu », « familier », etc. – il faut mettre à part, s'il en existe, les noms qui ne sont pas vraiment vernaculaires, mais résultent de la traduction ou de la simple reprise d'un nom scientifique) ? quelle est l'étendue réelle (« scientifique ») de chaque nom (variété, sous-espèce, espèce, genre, groupe plus vaste) et que désigne-t-il vraiment ? quels sont les « meilleurs » noms, les noms ambigus, les noms collectifs (désignant un ensemble de végétaux ou de champignons plus ou moins précisément délimité) ? y a-t-il des mots pour des parties de plantes (tronc, feuille, etc.), pour des plantes jeunes (plantules, jeunes pousses, petits arbres) ? y a-t-il des mots pour « végétal », « plante », « arbre », « liane », « herbe », « algue » ou « champignon », etc., en général ? certains noms sont-ils tabous (comme l'organisme qu'ils désignent) ou réservés à des circonstances particulières (initiation, chamanisme, magie, sorcellerie) ? y a-t-il des mots dérivés de ces noms ? y a-t-il des surnoms provisoires ou des composés de circonstances, des noms poétiques ou enfantins ? y a-t-il, explicitement ou non, une classification traditionnelle ou populaire des végétaux ou des champignons présents dans l'envi [...]

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Écrit par :

  • : éditeur, diplômé en sciences de l'éducation, mathématique, économie, philosophie, ethnologie et bibliothéconomie

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NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS (botanique)

  • Écrit par 
  • Jean-Marie PRUVOST-BEAURAIN
  •  • 3 899 mots
  •  • 2 médias

Chaque langue possède un champ lexical propre pour nommer les végétaux et les champignons, ou plutôt une partie d'entre eux, et ce qui s'y rapporte (cf. noms vernaculaires, botanique). La formation de ces noms étant en général tout à fait indépendante de la nomenclature scientifique (cf. règles internationales […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean-Marie PRUVOST-BEAURAIN, « NOMS VERNACULAIRES, botanique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/noms-vernaculaires-botanique/