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NAISSANCE DE L'UNIVERSITÉ

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La première université, celle qu'on appelle la « mère nourricière des études », Alma Mater studiorum, naît à Bologne au xie siècle. Certains maîtres de grammaire, de rhétorique et de dialectique (les arts libéraux du trivium hérité de l'Antiquité) entreprennent alors d'y commenter le droit justinien qu'ils viennent de redécouvrir dans des circonstances restées mystérieuses. La date de 1088 retenue conventionnellement correspond à cette première rupture avec l'école cathédrale, soumise à l'évêque. Bouleversant la transmission du savoir jusque-là entièrement soumis à l'autorité biblique, le droit romain est d'abord l'affaire de commentateurs privés, liés contractuellement à leurs étudiants, avec qui ils forment une société indépendante : universitas. Mais la première des sciences constituée est vite entraînée dans le conflit entre le pape et l'empereur. Trésor de notions, de distinctions, de modes de raisonnement oubliés de l'Occident, le corpus du droit civil ainsi exhumé, interprété, imité plus de 500 ans après sa création, fournit le patron de la modernité occidentale. La scolastique universitaire propagera une rationalité technicienne, systématique, réservée à des experts, de plus en plus morcelée en disciplines et foyers autonomes, derrière l'apparente et illusoire suprématie de la théologie, qui règne de plus en plus mal sur les deux droits, canonique et romain, la philosophie, la médecine et les autres arts, jusqu'au xviie siècle.

— Christian HERMANSEN

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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