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MUSICALES (TRADITIONS) Musiques d'inspiration chinoise

Différents genres de musique

Musique vocale et musique instrumentale

Il serait fastidieux d'énumérer tous les genres de musique qui se rencontrent en Extrême-Orient. On se bornera à faire quelques remarques sur la musique vocale et la musique instrumentale.

La musique vocale est présente dans tous les genres, depuis les chansons populaires liées aux faits et gestes de tous les jours jusqu'à la musique de cour. Comme dans tous les pays du monde, on chante pour bercer ses enfants, pour rendre le travail moins pénible, pour célébrer les fêtes saisonnières, pour faire la cour aux jeunes filles ou pour accompagner les morts à leur dernière demeure. La déclamation des poésies est appréciée non seulement par les lettrés, mais aussi par les gens du peuple. En Chine et au Vietnam, la langue à tons avec les règles d'assonance en poésie fait qu'une simple déclamation prend l'allure d'un chant. La mélodie, dans ces cas, doit épouser l'intonation linguistique. Elle est souvent mélismatique, très ornée, et le rythme dans la grande majorité des cas est libre. Un poème peut être déclamé de différentes manières, dans différents « modes », avec ou sans accompagnement musical. L'instrument utilisé peut être une flûte traversière, une flûte droite, un instrument à cordes du type des luths, des cithares ou des vièles.

En Chine, le chant peut être accompagné par le zheng (cithare à treize ou seize cordes), le er hu (vièle à deux cordes) ou le di (flûte traversière).

En Corée, les instruments d'accompagnement les plus populaires sont le kayakeum (cithare à douze cordes en soie) pour la mélodie et le djang-go (grand tambour en sablier) pour le rythme. Mais on utilise aussi, à la place du kayakeum, le komunko (cithare à six cordes en soie), le tan-so (petite flûte droite), le taekeum (grande flûte traversière).

Au Japon, les chants sont accompagnés par le shamisen (ou sangen, luth à trois cordes) dans la musique de divertissement – ko-uta, ha-uta, « chants brefs » – ou dans la musique du bunraku (théâtre de marionnettes) et du kabuki (théâtre chanté et dansé). Le koto ou le groupe de trio : koto, sangen et shakuhachi (flûte droite) peuvent aussi accompagner les chants.

En Mongolie, les « chants longs » sont accompagnés surtout par la vièle à deux cordes à manche en tête de cheval, le morinkhūr, dont la sonorité rappelle celle du violoncelle occidental.

Au Vietnam, les chants et déclamations de poésie sont accompagnés par le d̄àn nhị (vièle à deux cordes), le d̄àn nguyêt (luth en forme de lune), le d̄àn d̄áy (luth à trois cordes des chanteuses) ou des ensembles comportant deux, trois ou même cinq ou six instruments.

La musique religieuse est surtout vocale, à part celle qu'exécute dans les temples de Confucius un grand ensemble instrumental. Les récitations de prières, les psalmodies, les chants nécessitent un assez long apprentissage : tel est le cas du shōmyō (J), du pomp'ae et du yombul (C), du tụng et du tán (VN).

En Extrême-Orient, le théâtre est toujours chanté et dansé, que ce soit le jing xi de Pékin, le bang zi du Ho-nan, le chang-guk de Corée, le et le kabuki du Japon, le hát tuôǹg, le hát bôi, le hát chèo ou le hát cái lu'o'ng du Vietnam. La voix dans la majorité des cas est masquée : voix pharyngienne dans le et le kabuki, voix de fausset dans le jing xi, le hát tuôǹg et le hát bôi. La technique vocale, très différente de celle en usage en Occident, n'exclut pas des vibratos et des vocalises, mais requiert d'autres méthodes d'entraînement. Dans tous ces théâtres, les instruments à percussion jouent un rôle très important. L'ensemble qui accompagne le jing xi comporte un tambour, deux gongs, une paire de cymbales, des cliquettes en bois ; celui du , une flûte traversière et trois tambours ; celui[...]

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Écrit par

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., président et directeur des études du Centre des études de musique orientale

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Autres références

  • ALCHIMIE

    • Écrit par René ALLEAU, Universalis
    • 13 642 mots
    • 2 médias
    Les rapports entre la métallurgie et la musique sont mentionnés déjà par Strabon, par Solin et par Plutarque. Selon Aristide Quintilien, la musique désigne, en général, « ce qui régit et coordonne tout ce que la nature enferme dans son sein ». Ptolémée, dans ses Harmoniques, assimile les...
  • BACHIR MOUNIR (1930-1997)

    • Écrit par Éliane AZOULAY
    • 515 mots

    Irakien né à Mossoul d'une mère kurde et d'un père syriaque orthodoxe, Mounir (ou Munir) Bachir a été surnommé l'« émir du oud ». Au côté de son père, Abdel-Aziz Bachir, luthiste et chanteur réputé, il se familiarise avec les diverses facettes de la tradition irakienne, où se mêlent influences syriaques,...

  • BEBEY FRANCIS (1929-2001)

    • Écrit par Universalis
    • 242 mots

    Auteur-compositeur, écrivain, poète, chanteur et guitariste camerounais. En 1950, il vient étudier à Paris et joue avec son compatriote Manu Dibango. Il étudie ensuite le journalisme aux États-Unis puis regagne la France, où il entre comme reporter à la Sorafom (Société de radiodiffusion de la France...

  • BERIO LUCIANO

    • Écrit par Juliette GARRIGUES
    • 4 826 mots
    ...extra-européennes. Il s'est en fait intéressé aux expressions et aux techniques populaires qui lui ont permis d'embrasser des mondes apparemment hétérogènes : les folklores sicilien et serbo-croate, les chants arméniens, les polyphonies pygmées... À l'instar de Bartók ou de Stravinski, Berio a réussi à intégrer...
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Voir aussi