MONTBÉLIARD

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On ne peut guère parler de la ville de Montbéliard sans la resituer dans un ensemble géographique plus vaste, le Pays de Montbéliard, auquel la rattachent son histoire politique et religieuse, son orientation économique et sa structure urbaine. Si le comté de Montbéliard devient au xive siècle une principauté wurtembergeoise pour près de quatre cents ans, le xvie siècle y est marqué par le triomphe du protestantisme et l'établissement d'une principauté luthérienne à l'identité culturelle très prononcée. En 1793, le territoire est rattaché sans difficulté à la France, et Montbéliard devient finalement une sous-préfecture du département du Doubs.

Bourgogne-Franche-Comté : carte administrative

Carte : Bourgogne-Franche-Comté : carte administrative

Carte administrative de la région Bourgogne-Franche-Comté. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le xixe siècle allait mettre en place les éléments les plus décisifs de la spécificité montbéliardaise contemporaine, avec le développement de l'industrie qui devait conduire au démarrage de l'aventure automobile. Cette terre protestante fit en effet éclore plusieurs dynasties d'industriels, les Japy, les Peugeot, qui modelèrent pour longtemps l'économie, la société et les paysages.

Le Pays de Montbéliard prend aujourd'hui la forme d'une communauté d'agglomération, après avoir été, dès 1959, un des premiers districts urbains de France. Il se présente sous la forme d'une agglomération polycentrique de 117 015 habitants (2012), répartis en vingt-neuf communes, et non comme une agglomération compacte entourée de ceintures périurbaines, ce qui conditionne la gestion du territoire. Le périurbain apparaît aussi bien à l'intérieur que sur les marges, et une discontuinité du bâti, empruntée par l'autoroute A 36, marque encore une coupure assez nette entre la partie nord de l'agglomération (Montbéliard, Bethoncourt, Grand-Charmont, etc.) et la partie sud (Audincourt, Valentigney, Mandeure, etc.).

L'agglomération est née entre les Vosges et le Jura, dans une zone plate et déprimée correspondant à un ancien golfe oligocène du fossé rhénan. Son territoire correspond à une zone de convergence de plusieurs vallées (Doubs, Gland, Allan, Savoureuse, Lizaine) formant une sorte d'étoile inscrite à l'intérieur de plateaux calcaires. L'urbanisation s'est faite primitivement dans ces vallées, et on parle à son propos d'urbanisation « en doigts de gant ». En fait, l'industrie est d'abord née en amont des vallées, et a mis à profit la force de l'eau et la présence de forêts. Quand la dépendance par rapport à la force hydraulique diminua et que les besoins d'espace augmentèrent, les usines et l'habitat glissèrent vers l'aval, c'est-à-dire vers le cœur de la convergence. Le point d'orgue de cette dynamique centripète fut l'installation, en 1910, de l'usine Peugeot dans la commune de Sochaux. Après 1945, la croissance de la production automobile et le besoin de main-d'œuvre furent tels que l'urbanisation déborda sur les plateaux périphériques, dans un mouvement cette fois centrifuge. Ceux-ci se couvrirent partiellement de grands ensembles, habités par une main-d'œuvre souvent étrangère, tandis que les versants accueillaient des lotissements.

La richesse et la fragilité du Pays de Montbéliard résident donc dans la présence du centre de production P.S.A. Peugeot-Citroën et d'un certain nombre de sous-traitants qui gravitent autour, dans une logique d'externalisation et de production en flux tendus. Si, en 1980, l'établissement constituait la plus grosse concentration ouvrière d'Europe, avec 40 000 salariés, il n’en compte aujourd'hui plus qu’environ 10 000, à la suite de la restructuration du modèle de production. Après avoir cherché à diversifier le profil économique de l'agglomération, les autorités locales tendent plutôt à valoriser la chance historique qu'est la présence d'un tel pôle, en dehors de toute métropole. La zone d'activité et la pépinière d'entreprises des deux Technoland vont dans ce sens. Mais, depuis la fin des années 1970, le Pays de Montbéliard a perdu un très grand nombre de ses habitants. Les restructurations industrielles ne sont pas seules en cause : insuffisance de l'offre d'emplois féminins, manque de diversité du système de formation, rejet par les nouveaux salariés d'un urbanisme de type fordiste conçu à la hâte durant les années 1960.

La redécouverte du patrimoine culturel et historique, l'embellissement des centres-villes, la réhabilitation des grands ensembles, la mise en place d'une véritable intercommunalité de projet, les efforts dans le domaine de la formation, et de l'université en particulier, ont profondément changé le Pays de Montbéli [...]

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Pour citer l’article

Serge ORMAUX, « MONTBÉLIARD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/montbeliard/