MONTAUBAN

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Préfecture du Tarn-et-Garonne, la commune de Montauban comptait 58 566 habitants en 2012. L'urbanisation s'y est développée presque essentiellement à l'intérieur de son vaste territoire communal : de ce fait, avec neuf communes seulement et 74 115 habitants, son agglomération n'occupe qu’une place secondaire dans la région Occitanie, loin derrière Toulouse, tout comme l'aire urbaine dont elle est le pivot (33 communes, 105 654 hab. en 2012), presque contiguë à celle de Toulouse, cinquante kilomètres seulement séparant les deux villes, bien reliées entre elles par la route, l'autoroute et la voie ferrée.

Occitanie : carte administrative

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Carte administrative de la région Occitanie. 

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Ville neuve créée sur ordre du comte de Toulouse en 1144, elle a été construite selon un plan géométrique autour de la place du Marché, devenue place Nationale, avec ses façades de brique, bordée par les « couverts », double galerie voûtée. Après la crise albigeoise, la ville s'affirma comme une grande place commerciale, grâce à son port sur le Tarn assurant vers l'aval les échanges avec Bordeaux par la Garonne, tandis qu'un nouveau pont sur la rivière, achevé en 1335 – l'actuel Pont Vieux –, facilitait les liaisons routières vers le nord et le sud. Guerre de Cent Ans et guerres de religion ont ensuite cruellement ponctué l'histoire de la ville, devenue place de sûreté protestante.

Montauban

Photographie : Montauban

La place du Marché (aujourd'hui place Nationale) date de 1144, année de la création de Montauban, et constitue dès lors le centre de la vie urbaine. Entourée d'arcades, la place accueille les corporations de marchands qui s'installent sous les «couverts» (ou galeries), surmontés des... 

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Avec la reconquête catholique, le pouvoir royal, soucieux de contrôler la cité, en fait, dès 1635, le chef-lieu de la généralité de Haute-Guyenne. La noblesse de robe afflue alors dans la ville, et les intendants veillent à son extension et à son embellissement. Le commerce reprend activement, tandis que se développent des manufactures produisant des « cadis », draps de laine exportés vers les Antilles et le Canada.

La perte de cette colonie et les troubles de la Révolution française marquent un coup d'arrêt à cette expansion. La ville qui comptait plus de 25 000 habitants à la fin du xviiie siècle perdit l'essentiel de ses fonctions administratives. Elle fut réduite au rang de sous-préfecture du Lot au moment de la formation des départements, et c'est Napoléon, en 1808, qui lui restitua une partie de ses fonctions en lui donnant le rang de préfecture d'un nouveau département, le Tarn-et-Garonne.

Activités manufacturières et commerciales n'ont cessé de décliner au xixe siècle, malgré une bonne desserte par des infrastructures de transport modernes : embranchement vers le nouveau canal latéral à la Garonne en 1845, point de jonction entre les voies ferrées menant, l'une de Bordeaux à Sète via Toulouse (1857), l'autre aux charbonnages d'Aubin-Decazeville (1858), avant que ne s'embranche, à Montauban, la grande ligne directe vers Paris via Brive et Limoges (1891). Cette situation de carrefour se retrouve aujourd'hui avec les autoroutes A62 (Bordeaux-Toulouse) et A20 (Montauban-Paris).

La léthargie économique eut pour corollaire la stagnation démographique : la ville comptait moins d'habitants dans les années 1920 qu'à la veille de la Révolution française. Le développement des cultures de fruits et de légumes, l'essor de l'élevage laitier lui conféraient certes un nouveau rôle dans le conditionnement et la commercialisation de ces productions, mais il a fallu attendre les années 1960, l'arrivée des rapatriés d'Algérie et l'essor des activités tertiaires (commerces, services) pour lui donner une nouvelle impulsion.

Tandis que le centre historique bénéficiait d'importantes opérations de réhabilitation mettant en valeur un riche patrimoine architectural, de nouvelles zones d'activités ont prospéré aux sorties de la ville. La proximité de Toulouse, encore accrue par l'autoroute et le renforcement des dessertes ferroviaires, est à la fois un atout et un handicap. Montauban profite du dynamisme de la métropole régionale (implantation de nouvelles entreprises travaillant pour le marché toulousain), mais ses commerces, ses services et ses équipements pâtissent de la concurrence de ceux qu'offre sa puissante voisine.

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  • : professeur des Universités à l'université de Toulouse-Le-Mirail

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  • Écrit par 
  • Gabriel LLOBET
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Pour citer l’article

Robert MARCONIS, « MONTAUBAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/montauban/