MODERNISME, catholicisme

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Le xviie siècle a connu, en littérature, la querelle des Anciens et des Modernes. Deux siècles plus tôt, avant même la réforme protestante, s'était affirmée dans l'Église une devotio moderna. Après la Révolution française, au contraire, « moderne » s'appliquera, dans le langage catholique, à la société bourgeoise et libérale, portée au pouvoir par la chute de l'Ancien Régime, et deviendra entre catholiques pomme de discorde : incontestablement, le courant dominant se présentera longtemps comme antimoderne, selon l'expression même de J. Maritain (1922), pour des raisons qui nous sont devenues aujourd'hui difficiles à bien saisir.

En fait, la hiérarchie catholique et ses commentateurs, théologiens ou journalistes, n'entendaient pas rejeter par principe tout ce qui était « moderne », c'est-à-dire nouveau, pour s'en tenir à l'ancien, identifié à la « tradition ». Ils déclaraient ne condamner que les erreurs, les déviations et les dangers de cette civilisation moderne, dont les « principes » étaient à base de naturalisme, de rationalisme et de matérialisme. Les « droits de l'homme » s'élevaient com-me une revendication face aux « droits de Dieu » sur lesquels, jusqu'alors, reposait tout l'ordre social. Était-il concevable qu'une société saine fût fondée sur de faux principes ? Pour un pape ou un théologien, évidemment non ! Mais on aurait tort de juger cette argumentation dénuée de tout intérêt si l'on n'est ni pape, ni théologien, ni même catholique. Trois facteurs contribuent en effet à en compliquer les données et à lui donner une portée très concrète : d'abord, la critique souvent pertinente faite de la société bourgeoise, même si elle est inspirée par un point de vue que d'autres jugeront archaïque, et qui n'a jamais été reniée, même quand la montée du socialisme favorisera l'alliance « clérico-conservatrice » ; en deuxième lieu, une distinction, qui n'est pas seulement tactique, entre la modernité, qui est légitime, et ses contrefaçons, pour lesquelles sera forgé le terme de m [...]

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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales

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BATIFFOL PIERRE (1861-1929)

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Ecclésiastique, historien du christianisme ancien et personnage en vue lors de la crise moderniste, dont il fut l'une des victimes malgré son hostilité déclarée au modernisme et aux modernistes. Pierre Batiffol avait été, à l'Institut catholique de Paris, l'un des élèves préférés de Louis Duchesne, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-batiffol/#i_3857

BREMOND HENRI (1865-1933)

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BUONAIUTI ERNESTO (1881-1946)

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La figure la plus marquante et la plus riche du modernisme italien, la plus complexe aussi. Dès avant son ordination en 1903, Ernesto Buonaiuti avait été appelé à enseigner la philosophie dans un des séminaires romains, puis à remplacer son maître Benigni comme professeur d'histoire. Destitué de sa chaire en 1906 en raison […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernesto-buonaiuti/#i_3857

CANET LOUIS (1883-1958)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
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Agrégé de grammaire, élève de l'École pratique des hautes études (sciences religieuses), membre de l'École française de Rome, où le trouve la déclaration de guerre de 1914 et où le gouvernement français le maintient en mission, Louis Canet est appelé après l'armistice à la direction des cultes au commissariat de la République à Strasbourg, chargé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-canet/#i_3857

CATHOLICISME - Histoire de l'Église catholique des origines au pontificat de Jean-Paul II

  • Écrit par 
  • Jean DANIÉLOU, 
  • André DUVAL
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Dans le chapitre « Pie X et le « modernisme » »  : […] en question – autant que les erreurs – auxquelles conduit la recherche intellectuelle ; répression du « modernisme » (encyclique Pascendi, 1907). Mais le souci pastoral qui anime ces réactions inspire en même temps des réformes de grande portée : la restauration de la liturgie, redevenant le foyer de la piété « catholique » – […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/catholicisme-histoire-de-l-eglise-catholique-des-origines-au-pontificat-de-jean-paul-ii/#i_3857

DOGME

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Dans le chapitre « Unité de la foi, pluralité des formulations »  : […] La crise «  moderniste » représenta l'émergence dans le catholicisme des problèmes posés par le protestantisme libéral. La découverte de l'aspect historique et relatif des dogmes aboutit à une vision transformiste de leur évolution, fruit des pressions extérieures (A. Loisy). La découverte du conditionnement de l'Évangile et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dogme/#i_3857

DUCHESNE LOUIS (1843-1922)

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Prélat français et historien du christianisme ancien, né à Saint-Servan, mort à Rome. Après de solides études universitaires à la Sorbonne et une mission scientifique au Mont-Athos, Louis Duchesne devint professeur à l'Institut catholique de Paris, où il forma ses étudiants (parmi lesquels Loisy et Batiffol) à une méthode rigoureuse ; mais, par ses […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-duchesne/#i_3857

FOGAZZARO ANTONIO (1842-1911)

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Homme politique, poète et romancier italien, dont l'ouvrage Le Petit Monde d'autrefois (Piccolo Mondo antico, 1895) est l'un des livres les plus lus par ses compatriotes : la tendre petite Ombretta qui se noie dans le lac de Lugano a fait plus peut-être pour la célébrité d'Antonio Fogazzaro que ses autres […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antonio-fogazzaro/#i_3857

FOI

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Dans le chapitre « L'intelligence de la foi »  : […] Le 16 avril 1905, le philosophe Édouard Leroy avait publié dans les Cahiers de la Quinzaine un article intitulé : « Qu'est-ce qu'un dogme ? » Cet article engendra des controverses qui jouèrent un rôle central au cours de la crise moderniste. En 1907, sous le titre « Dogme et critique », l'auteur publiait de nouveau cet article […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/foi/#i_3857

GUIGNEBERT CHARLES (1867-1939)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
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Agrégé d'histoire et élève de Renan, qui l'encouragea dans l'étude des origines chrétiennes — comme il avait orienté Paul Sabatier vers le réveil spirituel et le mouvement franciscain du xiiie siècle, ou d'autres vers l'histoire religieuse de la Révolution française […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-guignebert/#i_3857

HARNACK ADOLF VON (1851-1930)

  • Écrit par 
  • Jean HADOT
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Dans le chapitre « Les critiques : de Loisy à Bultmann »  : […] que le luthéranisme allemand officiel se soit opposé aux thèses de Harnack. Mais la grande attaque vint du modernisme catholique français. Loisy répondit à Harnack dans son célèbre petit livre L'Évangile et l'Église. Il montrait fort justement que le savant allemand oblitérait la dimension eschatologique du christianisme en l'intériorisant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adolf-von-harnack/#i_3857

HOUTIN ALBERT (1867-1926)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 382 mots

Historien du catholicisme français contemporain, activement mêlé à la crise moderniste. Né à La Flèche, de parents boulangers, élève du petit séminaire d'Angers, novice bénédictin à Solesmes, prêtre du diocèse d'Angers en 1901, Albert Houtin fut aussitôt nommé professeur d'histoire au petit séminaire. Ses recherches sur l'origine du diocèse et sur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/albert-houtin/#i_3857

HÜGEL FRIEDRICH VON (1852-1925)

  • Écrit par 
  • Maurice NÉDONCELLE
  •  • 840 mots

Fils d'un diplomate autrichien et d'une Écossaise, Friedrich von Hügel, né à Florence, suivit ses parents à Bruxelles d'abord, puis en Angleterre. Son éducation se fit en dehors des universités, grâce à des précepteurs distingués. Une surdité assez prononcée, due à une fièvre typhoïde, développa son goût de l'étude, mais ne l'empêcha pas de nouer […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-von-hugel/#i_3857

IMMANENTISME

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 192 mots

Doctrine philosophique qui rejette la transcendance, c'est-à-dire l'irréductibilité de Dieu (ou bien d'un principe du réel) à ce qui relève des pouvoirs et des limites de l'esprit. Dans ce sens, Spinoza est taxé d'immanentisme ; il conçoit Dieu comme totalement intelligible à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/immanentisme/#i_3857

LAMENTABILI DÉCRET (1907)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 321 mots

Première intervention doctrinale du Saint-Siège dans la crise moderniste, ce décret du Saint-Office, daté du 3 juillet 1907, réprouvait et proscrivait une liste de soixante-cinq propositions erronées. Ces erreurs concernaient les droits de la critique savante face à l'enseignement de l'Église, l'inspiration divine de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/decret-lamentabili/#i_3857

LE ROY ÉDOUARD (1870-1954)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 275 mots

Philosophe français, étroitement lié à la crise moderniste. La carrière universitaire d'Édouard Le Roy est un modèle du genre : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de mathématiques et docteur ès lettres. Suppléant de Bergson au Collège de France en 1914, il lui succéda en 1921, et le remplaça en 1945 à l'Académie française. Il avait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/edouard-le-roy/#i_3857

LOISY ALFRED (1857-1940)

  • Écrit par 
  • Émile GOICHOT
  •  • 2 282 mots

historique, circonscrit et conjoncturel – protagoniste de la crise moderniste, il semble rentrer dans l'obscurité après l'encyclique Pascendi et son excommunication nominative. Ces aspects ne sont pas accessoires, le second surtout, mais ils ne suffisent pas à rendre compte d'une personnalité complexe et d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-loisy/#i_3857

MURRI ROMOLO (1870-1944)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 350 mots

L'un des fondateurs de la Démocratie chrétienne italienne. Originaire des Marches, prêtre en 1892, licencié ès lettres de l'université de Rome, où il subit l'influence de Labriola, Murri refusa un poste à la curie romaine, préférant la vie active parmi les jeunes universitaires. Il fut dès lors l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/romolo-murri/#i_3857

PASCENDI ENCYCLIQUE (1907)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 371 mots

Datée du 8 septembre 1907, et faisant suite au décret Lamentabili, l'encyclique Pascendi de Pie X signait la condamnation solennelle du modernisme — défini comme « le collecteur de toutes les hérésies » — et, pour la première fois, présentait une synthèse du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/encyclique-pascendi/#i_3857

PETRE MAUDE (1863-1942)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 284 mots

Miss Petre, ainsi qu'elle était et demeure connue, a été, avec l'Italienne Antonietta Giacomelli, l'une des deux femmes du modernisme catholique. Elle appartenait à une vieille et noble famille catholique anglaise où, de tradition, la fidélité à l'Église romaine et la haute culture s'alliaient à une allergie pour l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maude-petre/#i_3857

PIE X saint, GIUSEPPE SARTO (1835-1914) pape (1903-1914)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 1 443 mots

plusieurs livres, voire l'ensemble de leurs travaux, sans parler des périodiques interdits ; cinq prêtres et une religieuse furent excommuniés. Les condamnations les plus marquantes furent celles du modernisme (décret Lamentabili du 3 juillet 1907, encyclique Pascendi du 8 septembre 1907) et du Sillon (lettre Notre charge du 25 août […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pie-x-saint-giuseppe-sarto-pape/#i_3857

POULAT ÉMILE (1920-2014)

  • Écrit par 
  • Jean BAUBÉROT
  •  • 882 mots

Poulat se fait d’abord connaître par ses recherches sur le modernisme, notamment avec sa thèse Histoire et critique de la crise moderniste (1962) qui s’appuie sur une lecture rigoureuse des grands textes de ce conflit marqué par l’encyclique Pascendi (1907), […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/emile-poulat/#i_3857

SABATIER AUGUSTE (1839-1901)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 275 mots

Théologien protestant français. Né dans les Cévennes, en Ardèche, Auguste Sabatier fut pasteur à Aubenas et professeur de dogme réformé à la faculté de théologie de Strasbourg en 1867, d'où il fut expulsé par les Allemands en 1873. Il contribua alors à la création de la faculté de théologie protestante de Paris (1877), dont […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/auguste-sabatier/#i_3857

SABATIER PAUL (1858-1928)

  • Écrit par 
  • Dina SURDIN
  •  • 393 mots

Historien protestant français, élève d'Auguste Sabatier à Paris et Cévenol comme ce dernier, mais sans parenté avec lui. Pasteur à la paroisse française de Strasbourg, puis dans le Vivarais, Paul Sabatier est contraint par sa santé d'abandonner le ministère. Sur le conseil de Renan, il devient l'historien de saint François d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sabatier-paul-1858-1928/#i_3857

SEMERIA GIOVANNI (1867-1931)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 297 mots

Religieux barnabite et prédicateur italien. Ami d'Alfred Loisy, de Paul Sabatier et du baron von Hügel, Giovanni Semeria fut regardé par ses adversaires comme un des modernistes les plus insidieux en raison même de son prestige, de sa popularité et des ses hautes relations. « Vous êtes un chenapan », […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/giovanni-semeria/#i_3857

TURMEL JOSEPH (1859-1943)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 233 mots

« Prêtre, historien des dogmes », ainsi qu'il voulut qu'on le gravât sur sa tombe. Né et mort à Rennes, où s'écoula toute sa vie, formé à la critique par ses propres moyens et par l'abondance de ses lectures, Turmel perdit très tôt la foi chrétienne. Pour des raisons complexes, il crut devoir tout faire pour rester dans le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-turmel/#i_3857

TYRRELL GEORGE (1861-1909)

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 328 mots

La principale figure du modernisme catholique anglais. Irlandais, de famille ouvrière pauvre, George Tyrrell se convertit au catholicisme à dix-huit ans et entra peu après chez les Jésuites. Prêtre en 1891, nommé professeur de philosophie morale, il fut écarté de sa chaire en 1896, ses supérieurs le jugeant trop « thomiste […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/george-tyrrell/#i_3857

Voir aussi

Pour citer l’article

Émile POULAT, « MODERNISME, catholicisme », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/modernisme-catholicisme/