MICROCRÉDIT

Les populations pauvres ont difficilement accès aux services financiers du secteur formel, c'est-à-dire auprès de fournisseurs enregistrés légalement comme institutions procurant des services financiers et qui sont soumis à des réglementations bancaires. Elles recourent donc à différents intermédiaires informels (prêteurs locaux, famille, employeurs, associations de crédit, tontines, etc.), qui présentent de sérieux inconvénients en termes de coût ou de risque.

Les prêteurs locaux pratiquent souvent des taux d'intérêt usuraires. Aux Philippines, par exemple, certains prêteurs sont surnommés « five six » car s'ils prêtent cinq le matin à un petit vendeur, ce dernier doit leur rendre six le soir, soit un taux d'intérêt journalier de 20 p. 100 ! D'autres types d'organisations locales, comme les tontines, permettent à leurs membres d'obtenir tour à tour l'ensemble des contributions des membres (le pot). Elles constituent ainsi une forme alternative d'épargne et de crédit, très peu souple cependant en raison de son calendrier, et risquée car soumise à la volonté de contribuer des autres membres.

Au-delà de leur coût et de leur rigidité, le principal inconvénient de ces formes de crédit est qu'elles sont limitées par les ressources locales disponibles. Remédiant à ces inconvénients, le microcrédit consiste à fournir, par le biais d'une organisation extérieure aux communautés, des services de crédit aux populations exclues du système bancaire traditionnel parce qu'elles sont pauvres, sujettes à des discriminations ou isolées géographiquement. Comme son nom le suggère, les transactions sont d'un montant peu élevé, généralement inférieur à 100 euros.

Le terme microcrédit est parfois utilisé de manière interchangeable avec celui de microfinance qui l'englobe et qui désigne l'offre de services financiers (crédit et épargne pour les services les plus fréquents mais également assurance et transfert de fonds parfois) à ces populations.

Aux origines du microcrédit

Les défis du prêt aux pauvres


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Marie GODQUIN, « MICROCRÉDIT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/microcredit/