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MERS (Middle East respiratory syndrome)

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Le MERS – acronyme anglais traduit par « syndrome respiratoire du Moyen-Orient » –est une pathologie lourde caractérisée par une pneumonie aiguë et une défaillance rénale. Le taux de décès parmi les personnes qui ont manifesté des signes cliniques est de l’ordre de 35 p. 100 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La maladie est provoquée par un virus de la famille des coronavirus, d’où son nom MERS-CoV. Les traitements sont purement palliatifs, mais une publication de juin 2015 démontre l’efficacité d’anticorps neutralisants et ouvre la porte à une immunothérapie spécifique.

Virus du MERS - crédits : NIAID

Virus du MERS

Coronavirus MERS - crédits : Associated Press/ Health Protection Agency

Coronavirus MERS

La maladie et le virus sont émergents. Le premier cas a été observé en septembre 2012 chez un homme originaire du Qatar. Par la suite, jusqu’en 2015, la quasi-totalité des cas a été observée chez des patients vivant dans la péninsule arabique, avec quelques rares cas de personnes (Allemands, Français, etc.) ayant séjourné dans cette région. La majorité des cas sont imputables à une transmission interhumaine touchant les proches des malades ou des personnes qui avaient cohabité avec eux, ainsi qu’en milieu hospitalier. Le pic de contamination a été observé en Arabie Saoudite, avec un regroupement singulier de cas dans l’hôpital de la région Al-Ahsa. Dans un premier temps, l’épidémie n’a pas semblé s’étendre, la contagiosité restant faible et les mesures d’avertissement ayant été précisées par l’OMS. À la fin de juin 2015, selon cette dernière, on comptait 434 cas et 154 décès. L’épidémie avait été relativement contenue en Arabie Saoudite.

Pourtant, le 20 mai 2015 un cas de MERS était diagnostiqué en Corée du Sud sur un sujet ayant séjourné dans les États du Golfe. Ce malade, décédé en peu de temps, est à l’origine d’une épidémie en Corée qui, fin juin 2015, avait touché 172 personnes et provoqué 27 décès. Une de ces personnes, qui avait voyagé en Chine avant de tomber malade, a provoqué la mise en quarantaine de tous les voyageurs ayant été en contact avec lui. Aucune épidémie ne s’est déclarée ni à ce moment ni depuis.

Le MERS-CoV est donc un coronavirus, une famille de virus qui doivent leur nom à l’aspect qu’ils présentent, en microscopie électronique, de couronne nobiliaire avec une distribution régulière de pointes à la périphérie. Les coronavirus utilisent l’ARN comme matériel génétique et non l’ADN. La taille de leur génome est exceptionnellement élevée pour des virus à ARN, de l’ordre de 30 000 nucléotides. La plupart des coronavirus sont inoffensifs ; au pire, ils provoquent des rhumes et autres signes mineurs. Cependant, un coronavirus s’est montré déjà fortement pathogène : le SRAS a provoqué en 2003 une épidémie de pneumonies atypiques à partir de l’Asie du Sud-Est, avec une mortalité d’environ 10 p. 100. La virulence du MERS-CoV est nettement supérieure, sans que l’on sache exactement d’où vient ce surcroît d’intensité.

Une chauve-souris du genre Pipistrelle - crédits : T. Grundy/ Shutterstock

Une chauve-souris du genre Pipistrelle

La contamination de l’homme s’est très probablement faite par contact avec des dromadaires ou avec la nourriture de ces derniers (probablement des feuilles de palmiers infectées). Le MERS résulte ainsi d’une zoonose. Mais le dromadaire n’est qu’un hôte intermédiaire. L’analyse du génome du MERS-CoV a montré, dès l’été de 2013, qu’il ne différait que de moins de 2 p. 100 d’un coronavirus hébergé par les chauves-souris du genre Pipistrellus. Cet animal serait ainsi le réservoir du virus, encore que la capacité de ce dernier d’infecter des cellules porcines montre que la barrière de transmission entre espèces est faible. Le circuit de passage de la pipistrelle à l’homme en passant par le dromadaire n’est pas confirmé. En outre, la singularité moléculaire du virus saoudien qui lui donnerait sa virulence extrême reste à prouver, d’autant qu’une étude publiée au début de 2014 montre que des[...]

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Écrit par

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

Classification

Pour citer cet article

Gabriel GACHELIN. MERS (Middle East respiratory syndrome) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 31/05/2021

Médias

Virus du MERS - crédits : NIAID

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Coronavirus MERS - crédits : Associated Press/ Health Protection Agency

Coronavirus MERS

Une chauve-souris du genre Pipistrelle - crédits : T. Grundy/ Shutterstock

Une chauve-souris du genre Pipistrelle

Autres références

  • ANTHROPOLOGIE DES ZOONOSES

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    ...espèces dans des habitats denses, mais leur rôle dans la transmission des zoonoses n’est pas toujours attesté, par exemple dans le cas du coronavirus de MERS (Middle East respiratorysyndrome), transmis par les dromadaires dans la péninsule arabique. À l’exception du virus Nipah, les chauves-souris ne transmettent...
  • CORONAVIRUS

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  • ÉPIDÉMIES ET PANDÉMIES

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  • MALADIES INFECTIEUSES ÉMERGENTES

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