MAXIME (mort en 388) empereur romain (383-388)

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À la fin du ive siècle, l'empereur d'Orient Théodose et les deux empereurs d'Occident Gratien et Valentinien II, tous deux fils de Valentinien Ier et proclamés augustes, le premier en 367 et le second en 375, doivent affronter non seulement l'invasion barbare, mais aussi une anarchie endémique. Ils sont incapables de faire face à leurs énormes responsabilités, et leurs faiblesses suscitent des vocations d'usurpateurs. Magnus Clemens Maximus, né en Espagne, a servi sous les ordres de Théodose, alors commandant d'une armée romaine en Bretagne, dans les campagnes contre les peuples d'Écosse (368). Nommé commandant en chef des armées de Bretagne, Maxime a su se rendre populaire auprès de ses troupes, parce qu'il a fait montre d'une extrême bravoure sur les champs de bataille et d'une intelligente bienveillance dans les camps. Converti au christianisme, Maxime voit avec jalousie Théodose, son ancien compagnon d'armes, monter sur le trône d'Orient en 379. Il profite de l'enthousiasme de ses légions, au retour d'une campagne triomphale contre les Écossais et les Irlandais, pour se faire lui aussi proclamer empereur (381). Traversant la Manche en 383, il envahit la Gaule, met en fuite l'empereur Gratien aux environs de Lutèce, le poursuit jusqu'à Lyon. Son maître de cavalerie tue Gratien ; ce crime est désavoué par Maxime. Théodose temporise et charge l'évêque de Milan, Ambroise, d'entamer des négociations avec Maxime. Il accepte de reconnaître celui-ci comme auguste en 383. Maxime s'installe à Trèves ; mais, dévoré par une ambition excessive, il cherche à s'emparer de l'Illyrie, de l'Afrique et surtout de l'Italie où il souhaite devenir le protecteur du jeune Valentinien II, âgé de treize ans, et de sa mère, Justine, qui exerce la régence. Théodose ne peut accepter cette nouvelle usurpation, et l'évêque Ambroise excommunie Maxime. De Thessalonique où il est installé, Théodose dépêche des troupes contre Maxime, qui vient de soumettre l'Italie septentrionale. Les forces loyalistes investissent Aquilée où s'est réfugié Maxime. Fait prisonnier, Maxime est décapité ainsi que son fils Victor qu'il avait proclamé césar (388).

L'usurpation de Maxime eut des conséquences néfastes pour la sécurité de l'Empire : pendant que Théodose et Maxime s'observent puis se combattent, les Francs et les Saxons pillent Cologne, et le mur d'Hadrien en Bretagne est définitivement abandonné. Les empereurs romains, en cette fin du ive siècle, font passer leurs ambitions personnelles avant la sécurité de l'Empire.

—  Joël SCHMIDT

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  • : diplômé d'études supérieures d'histoire, directeur de collections historiques

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Dans le chapitre « Les barbares »  : […] Grâce à la vigilance des empereurs de Trèves, Valentinien et Gratien, la Gaule connut, entre 360 et 383, ses dernières périodes de prospérité ; une invasion franque fut repoussée en 365 par le maître de la cavalerie Jovin, un Rémois. Le redressement opéré par Julien, Gratien et Valentinien fut toutefois compromis par l'usurpation de Maxime, après 383. Ce dernier régna quatre ans en Gaule, où il c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gaule/#i_17463

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Pour citer l’article

Joël SCHMIDT, « MAXIME (mort en 388) empereur romain (383-388) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maxime-mort-en-388-empereur-romain-383-388/