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MANUEL, Épictète Fiche de lecture

Exclusivement oral, l'enseignement d'Épictète (50 env.-130 env.) nous est parvenu par l'intermédiaire de son disciple Arrien (105 env.-180 env.), qui nous a conservé des Entretiens et le Manuel : ce dernier est, avec les Pensées de Marc Aurèle, le plus connu et le plus lu des textes du stoïcisme ancien. Il sert de repoussoir à Pascal dans son apologétique (vers 1650) alors que le jésuite Matteo Ricci, presque à la même époque, s'en sert comme propédeutique à la christianisation des lettrés chinois... Shaftesbury s'en inspire dans ses Exercices, Leopardi le traduit pour son usage, et Nietzsche semble s'en souvenir dans sa doctrine de l'amor fati.

Une conception essentiellement pratique de la philosophie

Le titre orignal du Manuel est Encheiridion, mot qui signifie aussi, en grec, le « poignard », c'est-à-dire, comme l'expliquera Simplicius au vie siècle dans son Commentaire, un livre qu'il est nécessaire pour « ceux qui veulent bien vivre » d'avoir « toujours sous la main », comme le poignard du soldat « doit toujours être sous la main de ceux qui s'en servent ». Ici l'exposé de doctrine n'est pas séparable, en effet, d'exercices (askèsis) et de conseils, voire de maximes : car la philosophie telle que la comprennent les stoïciens (et sans doute la plupart des auteurs antiques) est essentiellement une manière de vivre. Le Manuel suppose de son lecteur qu'il ait déjà choisi de vivre en philosophe. Il lui propose de quoi soutenir sa décision, d'avancer en sagesse – et donc, en somme, de s'évaluer. Marc Aurèle intériorisera ce mouvement de l'esprit dans ses Pensées. Le Manuel s'apparente plutôt à une initiation, et pour le « progressant » à un aide-mémoire, un bréviaire de l'enseignement qui sera plus développé dans les Entretiens.

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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