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MALORY sir THOMAS (1408-1471)

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Longtemps resté mystérieux, l'auteur de Morte Darthur, ou La Mort d'Arthur, publié en 1485 par le premier imprimeur anglais William Caxton (1422-1491), a pu, grâce à divers documents rassemblés dans une étude de Vinaver (1929), être identifié sous les traits d'un gentilhomme du Warwickshire, dont la vie fut aventureuse à souhait. Soldat, il combattit à Calais en 1436 ; fait chevalier vers 1442, il entra même au Parlement (1445). Puis, tout à coup, marié ou pas, il rompt avec la société et se fait bandit de grand chemin. Attaques à l'arme blanche, extorsion de fonds, braconnage, vol de bétail, tentative d'assassinat sur le duc de Buckingham, razzia dans une abbaye, et, de temps en temps, la prison d'où il s'évade, jusqu'au jour où on l'enferme à Newgate. Il y passera le reste de sa vie — vingt ans ! —, le temps nécessaire pour rédiger son chef-d'œuvre.

Si tous ces détails sont exacts, c'est en prison, en effet, que Malory fit revivre la geste arthurienne, déjà bien oubliée en Angleterre au milieu du xve siècle, malgré les chroniques éparses qu'on avait pu consacrer au roi chevalier depuis Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth (1100-1154), contemporain de Chrétien de Troyes, lui aussi, lui surtout, fasciné par les épisodes divers de cette merveilleuse histoire. Après eux, il y eut du xiiie au xve siècle bien d'autres apports qui enrichirent la légende, tant en France qu'en Angleterre. C'est à partir de cette masse de documents, français pour la plupart, que Malory édifia les vingt et un livres de son récit. Masse dont le décryptage doit beaucoup à E. Vinaver (1929) et à Marguerite Dubois (1948). La Mort d'Arthur conte le règne du héros, ses malheurs, la catastrophe finale, la dispersion des chevaliers de la Table ronde, la quête du Graal par Lancelot, que ses péchés vouent à l'échec, le succès de Galahad, qui, grâce à sa pureté, peut l'obtenir. Ce récit aux innombrables épisodes est écrit dans une langue simple et accessible, c'est-à-dire concrète et claire. Le livre a fait les délices de milliers de lecteurs, il est constamment réédité dans des éditions populaires ; il a l'immense mérite de conserver à la portée du grand public une des plus belles légendes de l'humanité chrétienne, qui sans lui aurait risqué de demeurer l'apanage des spécialistes et des érudits.

— Henri FLUCHÈRE

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Écrit par

  • : doyen honoraire de la faculté des lettres et sciences humaines d'Aix-en-Provence

Classification

Pour citer cet article

Henri FLUCHÈRE. MALORY sir THOMAS (1408-1471) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Littérature

    • Écrit par , , , , , et
    • 28 170 mots
    • 30 médias
    Tandis que Chaucer était parvenu à mettre la littérature anglaise au pied d'égalité avec les grandes littératures d'Occident, sir Thomas Malory († 1471) donne l'impression d'un retour au xiiie siècle. Cependant, l'intérêt de ce gentilhomme doublé d'un bandit ne porte pas sur la quête...
  • ARTHURIEN CYCLE

    • Écrit par
    • 5 689 mots
    • 1 média
    .... L'imprimeur William Caxton avait eu l'heureuse idée d'éditer pour la première fois la traduction, ou plutôt le remaniement dont sir Thomas Malory était l'auteur. Dans une prose nerveuse, Malory fait revivre non seulement le cycle français, le Lancelot en prose, La Queste du Saint Graal...
  • CYCLE ARTHURIEN DANS LA FANTASY

    • Écrit par
    • 2 463 mots
    ..., 1858). Elles jouissent alors d'un grand succès populaire, dont témoignent les multiples rééditions de la grande œuvre source de langue anglaise, La Mort d'Arthur de Thomas Malory (1470, imprimé pour la première fois en 1485 par William Caxton). Les versions victoriennes serviront ensuite de...
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