MALADIES INFANTILES

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Jadis objet éphémère voué à une mort probable, l'enfant a de plus en plus, de nos jours, une fonction sociale complexe tant dans le cadre familial que dans des communautés plus larges. Aussi son développement physique et intellectuel est-il aujourd'hui surveillé et programmé de plus en plus étroitement grâce aux progrès accélérés, dès le milieu du xxe siècle, de la médecine en général et de la médecine des enfants, la pédiatrie, en particulier.

Le pédiatre a sans doute été l'un des grands artisans du raz de marée démographique. Il lui faudra maintenant humaniser les perspectives troublantes qu'ouvre la génétique moderne qui, comme toute technique, n'est en soi ni bonne ni mauvaise. C'est au médecin d'enfant de savoir naviguer entre les écueils d'une redoutable sacralisation de l'opportunisme biologique et ceux d'un fatalisme issu d'un obscurantisme parfois délibéré.

La mortalité infantile

En fait, avant le xviiie siècle, en Europe la mortalité infantile était telle que ce fatalisme imprégnait les esprits, laissant les soins et l'alimentation des enfants à l'empirisme des matrones. C'est elles qui nous ont légué non seulement la variolisation, doyenne des vaccinations (qui sera perfectionnée par Jenner), mais encore la réanimation par insufflation bouche à bouche, à laquelle les secouristes ne font plus vraiment confiance aujourd'hui.

Les préoccupations bactériologiques du xixe siècle, à la suite de la révolution pastorienne, ont mis fin à cet état des choses.

Elles aboutirent avec l'étude des fermentations à la codification de l'alimentation infantile aseptique, sous l'impulsion de H. Hutinel en France, Czerny et Finkelstein en Europe centrale, Marriot aux États-Unis.

Quoique les techniques modernes de puériculture aient permis de réduire la mortalité infantile de la première année de 200 p. 1 000 en 1900 à bien moins de 10 p. 1 000 dans les pays les plus favorisés (7 p. 1000 aux États-Unis, 3,6 p. 1 000 en France, en 2005), cela n'a pas été sans soulever d'autres problèmes par exemple celui de la fibroplasie rétrolentale, cécité due à l'effet toxique sur la rétine des prématurés de l'oxygène concentré qui est insufflé dans les couveuses.

Cependant les choses restent bien différentes dans le Tiers Monde, où se produisent la plupart des décès infantiles (taux moyen mondial : 55 p. 1000) malgré une certaine régression des maladies infectieuses pandémiques et endémiques (exception faite du sida), la sous-alimentation chronique revêt une particulière acuité. Le kwashiorkor, c'est-à-dire l'ensemble des manifestations carentielles entraînées par le jeûne protidique qui suit le sevrage, reste un problème de santé publique ubiquitaire, observé dans toute la zone intertropicale du globe et affectant à des degrés divers de 20 à 80 p. 100 de la population infantile. Malgré les efforts de l'éducation sanitaire et les importations massives d'aliments sous l'égide des organisations gouvernementales et internationales de la famille affiliées à l'Organisation mondiale de la santé, son éradication bute sur des obstacles écologiques – impuissance contre les épizooties – et culturels – ignorance ou méfiance vis-à-vis de l'aliment importé, tabou alimentaire envers l'aliment protidique qu'on réserve à l'adulte, l'enfant étant voué au régime exclusif du manioc.

Par ailleurs, la bactériologie médicale, en découvrant le rôle des germes pathogènes et en mettant au point des vaccins pour s'en prémunir et des sérums pour traiter les personnes atteintes, a réussi à faire reculer de façon spectaculaire (surtout dans les pays pratiquant un hygiénisme strict) les maladies infectieuses.

Parmi ces pathologies, certaines peuvent être qualifiées de maladies infantiles parce qu'elles frappent principalement la population enfantine, mal défendue par son immaturité immunitaire.

Le calendrier vaccinal précise la liste de ces maladies, l'âge auquel il faut protéger les enfants par la vaccination spécifique qu'elles requièrent, et enfin les modalités de l'acte technique ainsi que les contre-indications éventuelles.

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Conséquences des blocages des systèmes enzymatiques

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Écrit par :

  • : pédiatre, attaché d'enseignement clinique à la faculté de médecine de Paris-Ouest

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Constantin MISSIRLIU, « MALADIES INFANTILES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/maladies-infantiles/