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M LE MAUDIT, film de Fritz Lang

En 1931, Fritz Lang (1890-1976) est sans doute l'un des deux ou trois cinéastes de culture allemande les plus célèbres. Il a derrière lui une riche carrière de réalisateur de films populaires depuis ses débuts en 1919. Il a réalisé, d'après les mythologies nordique et germanique, quelques fresques historiques très ambitieuses comme Les Trois Lumières (Der müde Tod, 1921) et Les Niebelungen (1923-1924), qui sont considérés par la critique comme des chefs-d'œuvre de l'école expressionniste. Il s'est illustré dans le feuilleton policier avec Les Araignées (Die Spinnen, 1920), et plus encore avec le personnage du Docteur Mabuse qu'il met en scène dans Mabuse le joueur (Dr. Mabuse der Spieler, 1922). Avec Metropolis, il réalise en 1927 une superproduction d'anticipation qui est un sommet de l'art muet. Le cinéma parlant lui ouvre une nouvelle carrière tout aussi prestigieuse, d'abord allemande puis nord-américaine avec des films importants tels que Furie (Fury, 1936) et L'Invraisemblable Vérité (Beyond a Reasonable Doubt, 1956). Il revient ensuite en Allemagne pour terminer sa carrière avec un dernier épisode des aventures du Docteur Mabuse, Le Diabolique Dr Mabuse (Die tausend Augen von Dr Mabuse, 1960), avant d'interpréter le rôle du réalisateur allemand de L'Odyssée dans Le Mépris que réalise Godard en 1963. M le maudit (produit en 1931 sous le titre provisoire Mörder unter uns puis tout simplement M) est son premier film sonore et parlant. C'est un chef d'œuvre de cette nouvelle forme d'expression.

Le meurtrier est parmi nous

Berlin au début des années 1930. Un inconnu aborde des petites filles dans la rue puis les assassine. Ces crimes répétés plongent la ville dans une psychose de peur. La police multiplie les rafles, ce qui gêne les activités de la pègre berlinoise. La police et la pègre décident alors parallèlement de quadriller la ville, chacun utilisant des méthodes différentes : scientifiques et modernes pour la police, fondées sur la délation et le syndicat des mendiants pour la pègre. L'assassin, encore anonyme, rencontre une nouvelle victime. Il est démasqué par un vendeur de ballons aveugle qui transmet l'information aux mendiants. L'assassin se réfugie alors dans un immeuble de bureaux. Les truands, alertés, décident d'investir l'immeuble et de s'emparer du meurtrier pour le juger. La police, qui a arrêté l'un des malfaiteurs, l'interroge et découvre le stratagème de la pègre. Elle intervient en pleine séance de procès organisé par la pègre dans une usine désaffectée. La loi de l'État aura le dernier mot, ce qui ne rassure pas les mères inquiètes.

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Peter Lorre dans <it>M le Maudit</it>, de F. Lang, 1931 - crédits : Horst von Harbou - Stiftung Deutsche Kinemathek/ AKG Images

Peter Lorre dans M le Maudit, de F. Lang, 1931

Autres références

  • CINÉMA (Réalisation d'un film) - Musique de film

    • Écrit par Alain GAREL
    • 6 489 mots
    • 5 médias
    ...». Ces « musiques de source » avaient généralement une fonction naturaliste. Cependant, elles pouvaient aussi, parfois, jouer un rôle dramaturgique. C'est le cas dans M (M le maudit), de Fritz Lang (1931) : l'assassin sifflote maladivement « Dans le hall du roi des montagnes » d'Edward Grieg, extrait...
  • LORRE PETER (1904-1964)

    • Écrit par Universalis
    • 267 mots

    Né le 26 juin 1904 à Rózsahegy, en Autriche-Hongrie Peter Lorre, de son vrai nom László Loewenstein, joue de petits rôles dans une troupe de théâtre allemande à partir de 1921. Il accède à la notoriété internationale lorsqu'il incarne un meurtrier d'enfants psychotique, au visage rond et à la voix...

Voir aussi