LITTÉRATURE D'ÉRUDITION (XVIIe s.)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Vers le milieu du xviie siècle une dissociation s'opère au sein des savoirs entre les sciences et les lettres, et au sein des lettres entre les savants et « ceux qui écrivent bien en français », entre ce que nous appelons érudition et ce que nous appelons littérature. Ce clivage, résultat d'un long affrontement entre les tenants d'un courant docte et ceux d'une « science galante », tend à isoler un type d'écriture qui ne peut être compris que par un public très instruit et très restreint. Cependant leur opposition, qui va croissant au fil du siècle, n'est pas totale, au point que le Dictionnaire de Richelet, définissant le terme de littérature, lui donne trois équivalents : « science des belles-lettres ; honnêtes connaissances ; doctrine, érudition ». Tôt isolée en ce qui concerne la critique et la philologie, l'érudition se sépare mal de la rhétorique et de l'esthétique dans les sciences historiques et la traduction ; au début du siècle, sciences et poésie allaient encore ensemble (C. Binet, D. Petau) comme l'histoire et le poème héroïque, et la traduction était encore conçue comme la production d'une œuvre personnelle : à la fin, elles s'opposent comme l'esthétique au neutre, la fiction au réel.

Le groupe des érudits, s'il veut participer tant soit peu au cursus honorum, sait qu'il lui faut s'intégrer aux pouvoirs de la vie littéraire : grands seigneurs, roi, Église, salons, académies. La polygraphie et les compromis seront d'autant plus pratiqués qu'on veut réussir. On peut en voir l'exemple dans le cursus de Pierre Daniel Huet (1630-1721). Formé par les voyages avec le pasteur S. Bochart vers la Suède et la Hollande, il entre à Paris en relation avec l'hôtel de Rambouillet, les Scudéry et les académiciens influents. Il fonde à Caen une Académie des sciences encouragée par Colbert. Sous-précepteur du Dauphin, académicien en 1674, il est ordonné prêtre et en 1696 de [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  LITTÉRATURE D'ÉRUDITION ( XVII e s.)  » est également traité dans :

LIVRE

  • Écrit par 
  • Jacques-Alexandre BRETON, 
  • Henri-Jean MARTIN, 
  • Jean TOULET
  •  • 26 564 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le temps de la réformation catholique »  : […] d'autre part, grâce à la révision par Rome des grands textes liturgiques, au travail d'érudition des philologues, à la multiplication par le canal des ordres d'une littérature de spiritualité renouvelée, l'Église représentait à la fois un fournisseur de textes et une clientèle d'autant plus importante que les couvents se multipliaient et se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/livre/#i_93804

Pour citer l’article

Marie-Madeleine FRAGONARD, « LITTÉRATURE D'ÉRUDITION (XVIIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 septembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-d-erudition/