LIGUE LOMBARDE

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Depuis le début du xiie siècle, les villes d'Italie, sous la souveraineté des empereurs germaniques, se sont dotées d'institutions communales dont la principale est le consulat et qui exercent des regalia (droits régaliens). Frédéric Ier Barberousse (1152-1190) veut, en Italie comme en Germanie, restaurer la puissance impériale et récupérer les regalia usurpés. En 1158, il soumet Milan puis, à la diète de Roncaglia, demande aux cités de restituer les droits qui n'ont pas été concédés par les empereurs ; en 1162, il détruit Milan révolté. D'autre part, en 1159, il soutient contre le nouveau pape, Alexandre III, l'antipape Victor IV. D'où l'alliance purement politique entre le pape et les communes italiennes contre l'adversaire commun. En mai 1164, Vérone, Vicence et Padoue concluent avec Venise une alliance pour limiter les prétentions impériales. En 1167, les villes de Lombardie se soulèvent autour de Crémone et, le 1er décembre 1167, s'entendent avec l'alliance vénète pour former une ligue lombarde qui comprend seize communes, bientôt rejointes par d'autres ; elles s'engagent à ne pas conclure avec Frédéric de paix séparée, se dotent d'un conseil commun et de deux recteurs, fondent une commune nouvelle à laquelle elles donnent le nom du pape, Alexandrie. L'assemblée de la ligue à Lodi (1er déc. 1168) légifère en matière de regalia ; la ligue combat des seigneurs favorables à l'empereur, occupe des domaines impériaux, relève Tortona détruite par Frédéric. En mars 1170, la cohésion de la ligue est renforcée par le pape (bulle Non est dubium) ; un nouveau serment engage plus fermement les cités à se battre. La ligue s'étend à la fois dans le Piémont et les Marches et rassemble jusqu'à vingt-quatre cités. Après avoir fait en vain le siège d'Alexandrie en 1174, Frédéric accepte de traiter avec la ligue : à Montebello en avril 1175, les Lombards présentent la Petitio societatis Lombardiae, que l'empereur refuse ; il repousse de même les propositions plus modérées de Crémone. En mai 1176, son armée est complètement défaite par celle de la ligue à Legnano. En 1177 Frédéric doit conclure avec le pape la paix à Venise, où il fait avec la ligue une trêve de six ans. Les dissensions au sein de la ligue, où les modérés l'emportent, favorisent la conclusion d'un accord : à la suite des pourparlers de Plaisance en février 1183, Alexandrie est symboliquement rebaptisée Cesarea. L'accord est ratifié par Frédéric le 26 juin à Constance ; l'empereur souverain admet que de nombreux regalia sont passés aux communes, dont il investit les consuls élus ; ceux-ci lui jurent fidélité et auront droit de juger les petites causes. La théorie impériale peut ainsi s'adapter au morcellement réel du royaume d'Italie en communes largement autonomes. La lutte menée à la fois par la ligue et par le pape contre les prétentions impériales est à l'origine de la division de l'Italie entre guelfes et gibelins au xiiie siècle.

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Pour citer l’article

Jean-Marie MARTIN, « LIGUE LOMBARDE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ligue-lombarde/