MAGINOT LIGNE

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Le sénateur André Maginot était ministre de la Guerre depuis trois semaines quand il défendit, devant le Parlement, le projet de défense des frontières proposé par ses prédécesseurs ; il le fit adopter le 14 janvier 1930. C'est pourquoi il a laissé son nom à ce système de fortification permanente dont la pénible gestation divisa le Haut Commandement français et dont la fin tragique souligna l'inadéquation à la situation stratégique.

La ligne Maginot

La ligne Maginot

Photographie

Des soldats français dans la ligne Maginot, en 1939. Ce réseau souterrain de forteresses, voulu par le ministre de la Guerre André Maginot en 1930 et réalisé le long de la frontière allemande, était censé garantir l'inviolabilité du territoire français. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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La longue invasion du territoire français, ravagé par les combats de 1914-1918, souligne dès 1919 la nécessité de rendre le territoire national inviolable. Comment y parvenir ? Les avis divisent le Conseil supérieur de la Guerre pendant plusieurs années. En définitive la décision fut prise de construire le plus près possible de la frontière franco-allemande un ensemble fortifié qui, appuyé sur le Rhin, dissuaderait toute velléité d'invasion allemande. Ce système comprend essentiellement deux régions fortifiées, celle de Metz (barrant la vallée de la Moselle et de la Sarre) et celle de la Lauter, entre Bitche et le Rhin. L'ossature de cet ensemble est constituée de gros ouvrages de fortification permanente, forts enfouis ne laissant en surface que les organes d'observation et de tir, ceux-ci étant très dispersés sur le terrain et reliés par galeries souterraines au cœur de l'ouvrage, d'où le nom de forts palmés. Le choix de l'artillerie de la position fortifiée répond à certains impératifs financiers, techniques (une trop grande longueur de tubes interdit l'emploi de tourelle éclipsable) et tactiques (briser vite une attaque lancée par surprise). On choisit donc un 75 rajeuni et adapté aux nécessités de la forteresse, atteignant des cadences utiles de 30 coups par minute pour une portée de 11 kilomètres. On ne tirait donc pas loin en avant de la fortification. Et surtout celle-ci était démunie de défense anti-aérienne. D'autre part ces régions fortifiées ne couvraient qu'une partie de la frontière. Devait-on continuer la co [...]

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Écrit par :

  • : docteur habilité à la recherche, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, ancien chef du service historique de l'Armée de terre

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Pour citer l’article

Jean DELMAS, « MAGINOT LIGNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ligne-maginot/