MAZARIN JULES (1602-1661)

Si Mazarin occupe dans l'histoire de la France et dans celle de l'Europe une place si importante, c'est qu'il a poursuivi et même couronné l'œuvre de Richelieu. Grâce à lui, les effets d'une continuité, rare dans la vie politique nationale, se sont fait sentir, à l'intérieur par le triomphe de l'absolutisme, à l'extérieur par l'abaissement de la Maison d'Autriche et la prépondérance française. Ces résultats ont été acquis au cours d'un ministère de moins de vingt ans. Pourtant, à l'avènement de Louis XIV, la situation est inquiétante. La guerre « ouverte » dure depuis huit ans. Les congrès de paix ne sont pas encore réunis. Surtout une longue minorité commence, propice aux agitations et aux révoltes. Et c'est à un étranger qu'est confié le gouvernement. Mais cet Italien, qui devait accroître le royaume de « quatre nations » (Pignerol, Alsace, Cerdagne-Roussillon et villes des Pays-Bas espagnols), allait se révéler l'un des artisans les plus résolus de la grandeur française.

Le cardinal Mazarin

Le cardinal Mazarin

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Le cardinal Jules Mazarin (1602-1661), nommé Premier ministre par la régente Anne d'Autriche en 1643. 

Crédits : Hulton Getty

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Un homme secret

La personnalité de Jules Mazarin est difficile à connaître. Il n'a pas donné la clé de son caractère, moins par discrétion ou par calcul que par goût de l'action. Pris par les affaires qu'il traite, il ne songe pas à s'analyser lui-même. On ne le découvre que par échappées. Pour forcer le mystère, il faut recourir à des témoins non prévenus (et Dieu sait si Mazarin a eu des ennemis !) et aux milieux qui l'ont formé. Au physique, « bel homme ... œil vif et d'esprit », un visage doux, avec, parfois, des lueurs de tristesse. Intellectuellement, les dons les plus rares : il comprend, retient et pressent tout. Moralement, un courage que rien n'amollit mais aussi de la modestie dans le triomphe. À la rude école de la Curie, il a dû plier une nature, au départ indépendante, et pratiquer, comme tant d'autres là-bas, la dissimulation. Rome lui a encore enseigné les manœuvres obliques, la souplesse, l'art du compromis mais aussi le sens de l'humain, tandis qu'au contact de Richelieu, il a su le prix des décisions rapides et fortes. Aucun de ses adversaires n'a la même puissance de travail, la même constance dans l'effort, la même ample [...]

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Pour citer l’article

Madeleine LAURAIN-PORTEMER, « MAZARIN JULES - (1602-1661) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jules-mazarin/