JUDD DONALD dit DON (1928-1994)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Artiste américain, né à Excelsior Springs dans le Missouri, Don Judd fut, avec Sol LeWitt, Robert Morris et Dan Flavin, un des principaux représentants de l'art minimal. Après des études d'art à l'Art Students League de New York et des études de philosophie à l'université Columbia, Judd se lance dans la peinture au début des années 1950, abandonnant progressivement la figuration pour une composition simplifiée, où il tente de résister à l'influence de l'expressionnisme abstrait. En 1957, sa première exposition personnelle à la Panoras Gallery de New York, qu'il qualifie de « spectacle stupide », l'amène à cesser son activité picturale pour entreprendre des études d'histoire de l'art. Il collabore aussi à des revues d'art, notamment Arts Magazine, où il écrit régulièrement de 1959 à 1965, défendant des artistes contemporains, peintres et sculpteurs, dont les œuvres vont orienter ses théories et sa conception d'objets tridimensionnels.

En 1963, la Green Gallery consacre une exposition à sa production : objets, peintures, reliefs recouverts uniformément de rouge, qu'il travaille simultanément depuis un an et qui annoncent le changement radical qui s'affirme dans le texte célèbre Specific Objects, publié en 1965. Manifeste du nouvel art, ce texte témoigne de la volonté de Judd de créer des objets « spécifiques » en trois dimensions, d'où soient bannis tout illusionnisme spatial, toute référence anthropomorphique et subjective, tout effet de composition, et où l'on retrouve l'influence de certaines des déclarations d'Ad Reinhardt et de Frank Stella. Partant d'un module géométrique de base simple, le parallélépipède plein ou vide, Judd crée des structures en métal, fabriquées industriellement. Ces structures, dont les dimensions sont à l'échelle humaine, peuvent former des séries mais doivent être vues comme un tout, et sont présentées au sol, ou au contraire sur un mur, horizontalement, ou en « piles », du sol au plafond, selon une progression rigoureuse.

Les matériaux sont divers, colorés ou non, et peuvent être associés. Tôle galvanisée, cuivre, aluminium, contreplaqué, acier inoxydable et plexiglas, laiton et plexiglas, etc. Même s'il recherche la plus grande économie de moyens, Judd se sert des matériaux pour leurs qualités plastiques et physiques, leur aptitude à jouer avec la lumière et l'espace environnant. Que ce soit dans une œuvre comme Stack, 1973 (pile faite de dix parallélépipèdes en acier inoxydable et plexiglas rouge, chaque module mesure 23 cm × 101 cm × 79 cm, l'ensemble mesurant 470 cm × 102 cm × 79 cm, coll. Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris), ou dans les assemblages de parallélépipèdes en métal peints de couleurs vives et ouverts sur un côté, la dimension physique, concrète, sensorielle, esthétique de ces œuvres prédomine.

En 1975, la National Gallery d'Ottawa lui a consacré sa première grande rétrospective et, en décembre 1987, l'A.R.C., musée d'Art moderne de la Ville de Paris, a présenté un ensemble très important de son œuvre. Sa création dans le domaine du mobilier a été présentée en 1993 au musée Boymans-Van Beuningen à Rotterdam.

Judd a créé en 1985 la fondation Chinati à Marfa, au Texas, qui montre des installations permanentes de lui-même, et les œuvres d'artistes comme Andre, Serra, Chamberlain, Flavin...

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

  • : conservateur à l'A.R.C., musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Classification

Autres références

«  JUDD DONALD dit DON (1928-1994)  » est également traité dans :

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - Les arts plastiques

  • Écrit par 
  • François BRUNET, 
  • Éric de CHASSEY, 
  • Erik VERHAGEN
  • , Universalis
  •  • 13 484 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « Les prémices d'un art minimal »  : […] La présence de Frank Stella au County Museum est symptomatique d'une nouvelle ère et d'un premier clivage dans l'histoire de la peinture abstraite américaine – une rupture avec le récit moderniste, dont Greenberg n'avait pas su, en exposant cet artiste, anticiper l'épilogue. Les black paintings réalisées à la fin des années 1950 par Stella constituent en effet un point de non-retour, annonçant l […] Lire la suite

MINIMAL ET CONCEPTUEL ART

  • Écrit par 
  • Jacinto LAGEIRA, 
  • Catherine MILLET, 
  • Erik VERHAGEN
  •  • 6 311 mots

Dans le chapitre « Conditions et spécificités de l'objet »  : […] Dans la mesure où les minimalistes voulaient éviter tout résidu d'illusionnisme dans la peinture et d'anthropomorphisme dans la sculpture, les critères modernistes et formalistes (au sens proposé par le critique américain Clement Greenberg), qui s'appuyaient sur le rapport purement optique et empathique avec l'œuvre, s'avéraient insuffisants pour une approche critique de leur travail. Ils s'opposè […] Lire la suite

SCULPTURE CONTEMPORAINE

  • Écrit par 
  • Paul-Louis RINUY
  •  • 8 068 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « L'art minimal et ses suites »  : […] Toujours aux États-Unis, quelques figures singulières inventent, avec une poignée d’œuvres marquantes, des formes radicalement nouvelles. Ainsi Barnett Newman (1905-1970), qui réalise uniquement six sculptures, affirme avec la pure verticalité de Here  II (1965) la sculpture comme une expérience et un art du lieu. David Smith (1906-1965), de son côté, incarne le pendant sculptural de l’abstracti […] Lire la suite

Pour citer l’article

Béatrice PARENT, « JUDD DONALD dit DON - (1928-1994) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/judd-donald-dit-don/