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FANGIO JUAN MANUEL (1911-1995)

Juan Manuel Fangio

Juan Manuel Fangio

Tous les records de la formule 1 que l'Argentin Juan Manuel Fangio a établis dans les années 1950 ont certes été battus. L'Écossais Jim Clark l'a dépassé en 1968 en ce qui concerne le nombre de victoires (25 contre 24), mais il a fallu attendre 2003 pour que l'Allemand Michael Schumacher obtienne un titre mondial de plus que lui. Fangio fut-il pour autant surpassé ?

Juan Manuel Fangio doit en effet son renom à son talent de pilote de course autant qu'à son comportement personnel : il a suscité l'admiration du public, ce qui est banal, mais aussi le respect d'adversaires redoutables – parmi lesquels Giuseppe Farina, Luigi Faglioli, Alberto Ascari, Peter Collins, Stirling Moss, Mike Hawthorn –, ce qui l'est moins.

En outre, à une époque où les monoplaces étaient peu sûres et manquaient de fiabilité, Fangio sut déjouer les pièges des pistes – trente de ses concurrents se sont tués – et ménager ses montures. « Fangio est un pilote qui sait demander beaucoup à son moteur, mais pas trop », déclarait Enzo Ferrari, l'un de ses patrons, qui pourtant ne l'aimait guère.

De 1950 à 1957, Fangio a disputé huit Championnats du monde de formule 1 et en a remporté cinq, terminant deux fois deuxième ; il a enlevé vingt-quatre des cinquante et un grand prix auxquels il a participé dans ce cadre. Il a marqué le sport automobile d'une profonde empreinte. Des décennies plus tard, son nom reste un symbole.

Les premiers succès

Juan Manuel Fangio naît le 24 juin 1911 à Balcarce, à 200 kilomètres au sud de Buenos Aires, en Argentine. Il est le quatrième des six enfants d'une modeste famille d'immigrés italiens originaires des Abruzzes – son père exerça le métier de maçon jusqu'à l'âge de soixante et onze ans. Adolescent, il est apprenti forgeron puis mécanicien, se lève à quatre heures, et consacre ses matinées au collège, ses après-midi à l'atelier. Engagé par le concessionnaire de la marque Studebaker, il est chargé de prendre livraison des automobiles à Buenos Aires pour les convoyer à Balcarce. C'est ainsi qu'il acquiert ses premiers rudiments de conduite. Après son service militaire, une pleurésie lui interdisant de renouer avec le football de sa prime jeunesse, il aborde ses premières compétitions automobiles grâce à un système de cotisations improvisé par des amis dévoués.

En 1940, il signe dans le Gran Premio internacional del Norte une victoire qui déclenche un enthousiasme délirant. Le parcours de 9 445 kilomètres, qui le mène jusqu'à La Paz (Bolivie) et à Lima (Pérou), comporte plusieurs passages à 4 000 mètres d'altitude dans les Andes ! Champion d'Argentine en 1940 et en 1941, Juan Manuel Fangio voit sa carrière interrompue en 1942, lorsque la situation dramatique de l'économie planétaire touche l'Amérique du Sud. Après la Seconde Guerre mondiale, son talent demeure intact, malgré plusieurs années d'inactivité. Pilotant une Simca-Gordini dans le Gran Premio de Rosario de 1948, il fait jeu égal avec le Français Jean-Pierre Wimille, alors considéré comme le meilleur pilote du monde. L'année suivante, il intègre l'écurie argentine de formule 1 créée sous l'impulsion du président Juan Domingo Perón pour une campagne européenne. C'est un triomphe pour Fangio : sur huit courses, il en remporte six. Ses victoires provoquent l'enthousiasme dans son pays : à son retour en Argentine, une foule en délire l'accueille à l'aérodrome de Buenos Aires, où le général Perón le reçoit comme un héros national.

Engagé en 1950 par Alfa Romeo pour le Championnat du monde de formule 1 nouvellement créé, Fangio est devancé par son équipier, l'Italien Giuseppe Farina, pour l'attribution du premier titre mondial. L'année suivante, il prend sa revanche au terme d'un duel serré avec[...]

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Écrit par

  • : journaliste à L'Équipe (chef des informations)
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Juan Manuel Fangio

Juan Manuel Fangio

Grand prix automobile de Monaco, 1957

Grand prix automobile de Monaco, 1957

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