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FERRARI ENZO (1898-1988)

Enzo Ferrari aura assuré, jusqu'à son dernier souffle, la direction de son entreprise d'automobiles de compétition à travers laquelle, tout en assouvissant une passion, il était devenu le symbole de la créativité et du dynamisme italiens.

Paradoxalement, cet homme auquel on doit quelques-unes des plus belles réussites automobiles de l'histoire n'était pas un technicien.

Son succès était d'abord dû à ses qualités de meneur d'hommes. Impulsif, riche d'une forte personnalité, il a toujours donné priorité à des ambitions qu'il n'a jamais eu peur d'exprimer, sans ménagement pour le pouvoir politique où sportif quand il l'estimait nécessaire. Son caractère direct et emporté ne surprenait guère en Italie : Enzo Ferrari était originaire d'Émilie-Romagne, la région la plus prospère de la péninsule ; bons vivants, les Romagnols sont aussi rebelles, à l'occasion.

Enzo Ferrari naquit dans un faubourg de Modène le 18 février 1898. La neige était tombée de façon si abondante que son père dut attendre deux jours avant de déclarer sa naissance à la mairie. Celle-ci fut donc répertoriée à la date du 20 février. Son père, qui dirigeait une ferronnerie, ne se doutait pas, le jour de 1908 où il emmena ses deux fils, Alfredo et Enzo, assister à Bologne au passage d'une course d'automobiles, qu'il allait susciter chez son cadet une irrésistible passion.

En 1918, Enzo Ferrari est engagé comme essayeur dans une entreprise turinoise, Costruzioni Meccaniche Nazionali, pour laquelle il affronte en 1919 la côte de Parme-Berceto, sa première course en tant que pilote. À partir de 1920, il conduit des Alfa-Romeo, devenant ainsi le compagnon d'écurie des grands coureurs de l'époque : Antonio Ascari, Giuseppe Campari. Sans avoir leur talent, Ferrari acquiert une renommée qui, alliée à son tempérament énergique, l'aidera beaucoup lors de la création de la Scuderia Ferrari le ler décembre 1929. Il choisit comme emblème celui d'un héros national, l'aviateur Francesco Baracca : un cheval cabré.

La bonne organisation de la Scuderia Ferrari est si renommée qu'en 1933 Alfa-Romeo lui confie la gestion de son équipe de course : les Alfa de compétition seront désormais préparées à Modène. En 1935, totalisant plus de cent vingt victoires, la Scuderia Ferrari est illustre, et avec elle son pilote virtuose Tazio Nuvolari. Mais, à la suite de l'effort colossal produit par Mercedes et Auto Union, les Alfa-Romeo sont dominées à la fin des années 1930. La firme lombarde s'ingère alors dans les activités de la Scuderia, au point de l'absorber en 1938. Enzo Ferrari reprend sa liberté en 1939, moyennant une concession : la Scuderia Ferrari ne devra pas reprendre ses activités avant quatre ans.

Ferrari crée alors Auto Avio Costruzioni et engage deux voitures de sport anonymes (les 815) dans les Mille Miglia de 1940.

En 1943, Enzo Ferrari transfère ses ateliers de Modène à Maranello, une bourgade de 3 000 habitants. Une fois la paix revenue, il lance un projet de voiture de course autour d'un moteur de 12 cylindres en V, qui allait être à l'origine d'une superbe lignée. Franco Cortese donne à Ferrari sa première victoire, dans le Grand Prix de Rome, le 25 mai 1947.

Après avoir construit trois voitures cette année-là et cinq la suivante, Ferrari en produit vingt et une en 1949. L'une d'entre elles, élégamment carrossée en cabriolet par Farina, est acquise par le cinéaste Roberto Rossellini. Ferrari allait ainsi conquérir une clientèle huppée qui ferait autant pour sa réputation que les victoires difficilement conquises sur la piste.

En 1950, Ferrari affronte Alfa-Romeo dans le premier championnat du monde de formule 1 et, le 14 juillet 1951, lui inflige à Silverstone sa première défaite de l'après-guerre ; c'est l'Argentin José-Froilan[...]

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Écrit par

  • : journaliste à L'Équipe (chef des informations)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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