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FROBEN JOHANN (1460 env.-1527)

Né à Hammelburg (basse Franconie), Johann Froben aurait travaillé chez Anton Koberger à Nuremberg, puis chez Johann Amerbach à Bâle. Le 13 novembre 1490, il obtient le droit de bourgeoisie dans cette ville et y ouvre un atelier d'imprimerie l'année suivante. En 1494, il s'associe avec son compatriote Johann Petri et, en 1502, avec Johann Amerbach ; ceux-ci meurent respectivement en 1511 et en 1513 ; Froben travaille désormais seul. Marié une première fois en 1500, il épouse en secondes noces Gertrude, fille du libraire Wolfgang Lachner, en 1510 ; elle lui donne trois enfants : Hieronymus, Johann Erasmus et Justina, qui épousera l'imprimeur Nikolaus Episcopus l'Ancien. On peut diviser la carrière de Froben en trois parties. Au début et pendant le temps de ses associations, sa production a essentiellement un caractère théologique ; sa première impression est une Bible, et il en donnera plusieurs autres éditions, les plus remarquables étant celles de 1501 (ou 1502) et 1503 (ou 1504) pour Koberger. La publication en 1513 d'une belle édition des Adagia d'Érasme ouvre l'ère humaniste de la production de Froben, tant par le choix des textes et l'emploi de caractères romains variés que par la décoration des éditions. C'est aussi le début d'une étroite amitié entre l'humaniste et l'imprimeur, qui, dès lors, publie les plus significatives des œuvres d'Érasme, par exemple le Novum Testamentum grec et latin, ou l'édition critique des Opera de saint Jérôme en 1516. Dans une troisième période (1519-1527), une production croissante conduit Froben à la recherche des petits formats et à l'emploi plus fréquent de l'italique ; ces petits volumes, comme les diverses paraphrases d'Érasme sur l'Écriture, font école dans toute l'Europe. Sur une production de trois cent vingt éditions, deux seulement sont en langue vulgaire. Imprimeur humaniste, Froben a essentiellement publié en latin, en grec, ainsi qu'en hébreu : on lui doit, par exemple, une vingtaine d'éditions du cosmographe et hébraïsant Sebastian Münster. L'illustration de ses éditions (encadrements de titre, bandeaux, lettres ornées) est due à des artistes de talent : Urs Graf, Hans Holbein le Jeune et son frère Ambroise. La marque qu'il utilise à partir de 1515 est célèbre : un caducée, autour duquel s'enroulent deux serpents et que domine une colombe, évoque la parole de l'Évangile : « Soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes. »

À sa mort, l'officine est reprise par son fils aîné Hieronymus (1501-1563). Après des études à l'université de Bâle, celui-ci se marie successivement avec Anna Lachner, puis Barbara Brand. Il s'associe d'abord à son beau-père Johann Herwagen (remarié avec la veuve de Johannes Froben), puis à son beau-frère Nikolaus Episcopus. Sa production abondante (plus de 400 éditions) suit la tradition paternelle et s'oriente en outre vers les sciences médicales et naturelles. C'est dans sa maison qu'Érasme passe les derniers mois de sa vie (juin 1535-juill. 1536). Sa veuve se remarie avec Heinrich Petri, autre imprimeur de Bâle.

Ambrosius (1537-1602) et Aurelius Froben (1539-1587), fils et successeurs de Hieronymus, publient surtout des écrits hébraïques, notamment le Talmud et des ouvrages de la Kabbale. En 1587, ils cèdent leur maison à Leonhard Ostein, un autre imprimeur de Bâle.

— Albert LABARRE

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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