CHALGRIN JEAN FRANÇOIS THÉRÈSE (1739-1811)

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Deux monuments parisiens – de notoriété inégale –ont livré le nom de Jean Chalgrin à la postérité : l'église Saint-Philippe-du-Roule et l'Arc de triomphe de l'Étoile. De ces œuvres, qui marquent respectivement le début et la fin de la carrière de l'architecte, la seconde, plus spectaculaire, est moins authentique : conçue dès 1806 pour commémorer les victoires de l'Empire, elle ne sera achevée que longtemps après la mort de Chalgrin, par deux architectes de la monarchie de Juillet, J. N. Huyot et G. A. Blouet (1836). Monument gigantesque aux formes initialement simples, cet arc s'apparentait aux projets idéaux de certains architectes néo-classiques. C'est cet effet de grandeur et de simplicité que Chalgrin s'était déjà efforcé de traduire, avec des moyens modestes, dans l'église Saint-Philippe-du-Roule (1768-1784). Le plan basilical, repris alors pour la première fois en France avec une exactitude archéologique qui devait en faire un modèle, s'y exprime par un vaisseau continu couvert d'un berceau à caissons reposant sur deux rangs de colonnes. La façade, précédée par une colonnade d'ordre dorique, annonce par sa structure simple l'espace unitaire de cet édifice si opposé à la tradition française – tradition que J. G. Soufflot combattait dans l'église Sainte-Geneviève, alors en construction. L'église Saint-Philippe-du-Roule peut être considérée comme l'un des premiers exemples de l'architecture religieuse néo-classique en France. Chalgrin donnera d'autres exemples d'architecture religieuse : la chapelle du Saint-Esprit (1768, rue Lhomond à Paris), mais aussi divers aménagements dans le vaste chantier qu'était alors l'église Saint-Sulpice, où il décore les deux chapelles à droite et à gauche du narthex, la tour nord de la façade, pour laquelle il dessine l'étonnant buffet d'orgue inspiré de formes empruntées à la Rome antique (1775). Ce goût très prononcé de Chalgrin pour l'Antiquité culmine dans la grande salle éphémère qu'il construisit en 1770 pour le bal du mariage du dauphin. La même simplicité, un peu froide, se retrouve dans ses édifices privés ou civils : hôtel de Saint-Florentin (rue Saint-Florentin, 1767), hôtel de Mme Balbi (rue de Fleurus), hôtel de Langeac (Champs-Élysées) et Collège de France (rue des Écoles, 1780). Formé à l'école de Servandoni, de Boullée et de Moreau-Desproux, Chalgrin remporte le grand prix d'architecture en 1758 ; il séjourne à Rome jusqu'en 1763, particulièrement bien préparé à cette interprétation de l'Antiquité qui sera la source permanente de son inspiration. Inspecteur des travaux à Paris, sous la direction de son ancien maître Moreau-Desproux, membre de l'Académie d'architecture, Chalgrin fut simultanément premier architecte et intendant des bâtiments des deux frères de Louis XVI, le comte d'Artois et le comte de Provence (1779-1787). Ses activités au palais du Luxembourg, domaine de Monsieur, le firent choisir par le Directoire pour aménager les locaux du Conseil des Cinq-Cents (salle des séances, escalier monumental, 1795). Il reconstruisit l'intérieur du théâtre de l'Odéon incendié en 1799. Chalgrin, membre du Conseil des bâtiments civils, fut élu à l'Institut en 1799.

Arc de triomphe, Paris

Photographie : Arc de triomphe, Paris

L'Arc de triomphe de l'Étoile (1806-1836), à Paris. Architectes : Chalgrin, Huyot et Blouet. 

Crédits : John Lamb/ Getty Images

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-I-Sorbonne, directeur du centre Ledoux

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Pour citer l’article

Daniel RABREAU, « CHALGRIN JEAN FRANÇOIS THÉRÈSE - (1739-1811) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-francois-therese-chalgrin/