TOURNEUR JACQUES (1904-1977)

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La place de Jacques Tourneur dans l'histoire du cinéma est singulière parce qu'elle repose sur plusieurs paradoxes. Fils d'une des vedettes du Théâtre-Antoine, l'actrice Fernande Petit (dont le nom de scène était Van Doren), et de Maurice Tourneur, régisseur du Théâtre-Antoine avant de devenir réalisateur, Jacques Tourneur reçoit, dans le domaine des arts, une éducation tout à fait exceptionnelle et que possèdent relativement peu de cinéastes hollywoodiens. Sa formation intellectuelle et sa double culture joueront un rôle dans sa manière de remplir sa tâche de cinéaste. Pierre Alferi constate que les films de Tourneur témoignent d'un art qui fut d'abord « un artisanat épuré, le ferme classicisme d'un technicien qui ne se voulait pas auteur („Je suis un cinéaste moyen“) et avait intériorisé tous les canons du cinéma hollywoodien » (Des enfants et des monstres). Et Jean-Claude Biette de surenchérir dans Poétique des auteurs : « Nul ne se révolta moins contre ses conditions de travail [...] J. Tourneur ne corrige rien, ne met rien en doute... » On pourrait ajouter que le réalisateur est tellement lié à un système de production et à des méthodes de travail que, lorsque les uns et les autres changent ou sont ébranlés, son art s'en trouve grandement affecté, voire diminué. De l'autre côté de l'Atlantique, Andrew Sarris caractérise cet art, comme « a certain French gentility », soit un manque de puissance, le « triomphe du goût sur la force ». Le paradoxe est qu'un culte fervent est voué à Tourneur, en France notamment, où les cinéphiles ne sont pas loin de voir en lui l'auteur hollywoodien par excellence, qui a su au sein de la machine proposer une forme « quintessenciée » de cinéma en jouant de son effacement même et de son respect des règles. La revue Présence du cinéma lui consacre un numéro spécial dès 1966, suivie par d'autres revues (Caméra-Stylo ; Cinémaction). En 1992, Jacques Lourcelles n'hésite pas à voir dans Cat People une date « essentielle » de l'histoire du cinéma. Des rétrospectives ont eu lieu à San Sebas [...]

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LA FÉLINE, film de Jacques Tourneur

  • Écrit par 
  • Jacques AUMONT
  •  • 970 mots

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Pour citer l’article

Jean-Louis LEUTRAT, « TOURNEUR JACQUES - (1904-1977) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-tourneur/