Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

INDUS, fleuve

L'utilisation de l'Indus : l'irrigation

L' irrigation à partir de l'Indus et des rivières de son bassin revêt des caractères différents dans les piémonts (Punjab et régions voisines) et sur le cours inférieur.

Sur les piémonts, le climat est encore assez pluvieux en été pour qu'une culture non irriguée soit possible. Mais elle est aléatoire et n'intéresse que des plantes résistant à la sécheresse. Aussi, depuis très longtemps (on cite des ouvrages remontant au xive siècle), les populations ont-elles construit des canaux qui répandent les eaux des rivières sur de vastes superficies pendant les périodes de forte abondance de l'été. Au xixe siècle ont été réalisés, d'une part, des canaux plus longs, avec des prises d'eau situées loin en amont, et, d'autre part, des barrages de dérivation qui, relevant de quelques mètres le niveau des rivières, permettent d'assurer une alimentation pérenne à un certain nombre de canaux, et donc d'arroser les cultures en hiver, c'est-à-dire en saison sèche. Une importante région agricole, qui produit surtout du blé, de la canne à sucre, fut ainsi constituée. Depuis 1950, une nouvelle phase de travaux a été menée à bien : de grands barrages-réservoirs, comme celui de Bakhra-Nangal en Inde (sur la Sutlej) et du barrage Jinnah sur l'Indus, près de Kalabagh au Pakistan, ont permis de régulariser les apports d'eau et d'étendre les régions irriguées, notamment en saison sèche.

La plaine du cours inférieur, située tout entière au Pakistan occidental, a un climat tel que la culture y est impossible sans irrigation. Aussi a-t-on créé de véritables oasis, comparables à celles de l'Égypte ou de l'Asie centrale. Le grand barrage de Sukkur dérive les eaux de l'Indus vers un réseau de canaux, que vient relayer vers l'aval celui du Sind. Ces travaux, entrepris entre les deux guerres mondiales, ont été complétés ensuite. Ici, on a cherché à rendre les investissements rentables en développant principalement la culture du coton, plante bien adaptée au climat sec.

Ce remarquable réseau d'irrigation a posé et pose encore de gros problèmes. Les problèmes politiques soulevés par le partage de l'Inde sont à peu près résolus. La plus grande partie du Punjab passée sous contrôle pakistanais était ravitaillée en eau à partir des ressources, assez faciles à mobiliser, des rivières les plus orientales, la Sutlej, la Beas, la Ravi, rivières dont le cours supérieur se trouve en république de l'Inde. Le gouvernement de celle-ci manifesta l'intention d'utiliser ces eaux sur son territoire. Il fallut de laborieuses négociations pour aboutir en 1960 au compromis du traité des eaux de l'Indus : les eaux des rivières orientales sont définitivement attribuées à l'Inde, celles de l'Indus et de la Jhelum au Pakistan. Pendant une période de dix ans, jusqu'en 1970, l'Inde devait continuer à fournir de l'eau au Pakistan ; celui-ci a mis ce délai à profit pour construire une série d'ouvrages sur l'Indus et la Jhelum, afin d'amener leurs eaux, d'ailleurs abondantes, vers les secteurs autrefois irrigués à partir des rivières orientales. Les investissements nécessaires furent fournis par la Banque mondiale pour la reconstruction et le développement et par la république de l'Inde. Malgré les rapports difficiles entre les deux pays, le traité a été respecté et les travaux ont finalement abouti à l'amélioration du réseau et à la mobilisation d'un important potentiel de production d'énergie hydro-électrique.

Il reste cependant un problème technique très grave, qui revêt même des aspects dramatiques par l'ampleur qu'il prend au Pakistan. En effet, les eaux des canaux sont légèrement salées, et, en période de forte évaporation, ce sel tend[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • AFGHANISTAN

    • Écrit par Daniel BALLAND, Gilles DORRONSORO, Universalis, Mir Mohammad Sediq FARHANG, Pierre GENTELLE, Sayed Qassem RESHTIA, Olivier ROY, Francine TISSOT
    • 37 316 mots
    • 19 médias
    ...château d'eau, d'où descendent des cours d'eau pérennes dont les apports sont vitaux pour l'économie afghane. Seuls ceux du versant sud-est, appartenant au bassin versant de l'Indus, parviennent à la mer. Tous les autres, sans exception, sont endoréiques. Leurs eaux se perdent dans d'immenses cuvettes...
  • ALEXANDRE LE GRAND (356-323 av. J.-C.)

    • Écrit par Paul GOUKOWSKY
    • 6 470 mots
    • 5 médias
    ...engageant dans une entreprise militaire commune. Mais cela pouvait se faire dans les limites de l'empire perse, où subsistaient de vastes zones insoumises. Il semblerait plutôt que, persuadé que l'Indus était la partie supérieure du cours du Nil, Alexandre s'imaginait ramener son armée en Égypte par le chemin...
  • CACHEMIRE ou KASHMIR

    • Écrit par François DURAND-DASTÈS, Universalis, Alain LAMBALLE
    • 2 929 mots
    • 5 médias
    – La zone de l'Indus est caractérisée par la très curieuse vallée longitudinale de ce fleuve, qui suit une suture fondamentale, limite nord de l'Himalaya. Elle est bordée au nord par la chaîne du Ladakh. Cette région est caractérisée par la sécheresse des vallées. À 3 500 m d'altitude,...
  • HIMALAYA

    • Écrit par Pierre CARRIÈRE, Jacques DUPUIS
    • 3 478 mots
    • 8 médias

    Barrière naturelle entre la péninsule indienne et le reste du continent asiatique, l'arc montagneux de l'Himalaya (ou Himālaya : « Séjour des neiges » en sanskrit) s'allonge entre le plateau du Tibet, au nord, et la plaine alluviale indo-gangétique, au sud. Il se raccorde, par...

  • Afficher les 8 références

Voir aussi