Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

IBO

Les Ibo habitent la province orientale du Nigeria. Leur nombre (approximatif et difficile à vérifier) était estimé à plus de seize millions dans les années 1990. Le pays ibo est limité, au sud, par l'océan Atlantique, et, à l'ouest, par le delta marécageux du Niger. Le relief s'élève doucement vers le nord. La province d'Owerri, au sud, est couverte de forêt, tandis qu'au nord apparaît la savane. La terre, d'une fertilité modérée, est en certains endroits surpeuplée et surcultivée. Cette étude a pour objet de donner une description purement ethnographique des Ibo traditionnels, l'aspect politique étant envisagé dans l'article nigeria.

Avant la période de colonisation, les Ibo n'étaient pas soumis à une autorité centralisée, et étaient divisés en nombreuses communautés qui n'avaient pas d'origine commune. Leurs premiers contacts avec les Européens se firent au port de Bonny, marché d'esclaves où, à la fin du xviiie siècle, on vendait annuellement 20 000 esclaves, dont 16 000 Ibo. En 1856, la première mission, envoyée par la Church Missionary Society de Londres, s'établit à Onitsha, ainsi qu'un poste commercial.

L'unité des Ibo se fondait, d'abord sur un langage propre à tous ceux qui se disaient ibo (il appartient au groupe kwa comme le Yoruba et le Bini), ensuite sur de nombreux traits culturels communs. La langue ibo est divisée en quelques dialectes régionaux, qu'on a tenté d'harmoniser en un idiome commun, l'« union ibo ».

Économie et société

La subsistance était assurée par la culture, principalement de l'igname et du manioc, et secondairement du maïs et des haricots. L'huile de palme était préparée pour la vente. À cause de la mouche tsé-tsé, il y avait très peu de bétail. La pêche était peu importante et le gibier rare. Le commerce était stimulé par l'existence de monnaies locales : cauris, manilles, barres de laiton, petites pointes de fer. Les forgerons étaient réputés pour leur habileté.

L'unité sociale de base était le patrilignage exogame localisé, groupant des familles étendues. L'aîné détenait un bâton symbolisant l'autorité des ancêtres. Il était l'arbitre des dissensions internes et représentait le lignage dans les relations extérieures. Les épouses lui étaient soumises, mais les chefs des lignages de celles-ci pouvaient intervenir en leur faveur. Le rôle rituel de l'aîné était important : lui seul en effet pouvait officier au sanctuaire du fondateur. Un lignage pouvait se dissocier du village, en rejoindre un autre et se diviser en groupes autorisant les intermariages. Il y avait une tendance à l'exogamie de village.

Les enfants appartenaient au lignage du père si celui-ci avait payé la dot de la mère. Des mariages d'enfants étaient arrangés, la vie commune ne pouvant commencer qu'après la puberté. Entre celle-ci et le mariage, les filles étaient gardées à l'écart et bien nourries. La clitoridectomie comme la circoncision étaient pratiquées quelques jours après la naissance, sans cérémonie spéciale. Le divorce était facile et les relations extraconjugales fréquentes.

Des classes d'âge étaient organisées sur une base villageoise. Aux individus d'un âge déterminé incombaient des devoirs communautaires. Ainsi, le nettoyage des sentiers était le travail des jeunes ; la police du marché, l'exécution des ordres des anciens étaient confiées aux hommes d'âge mûr.

La société des personnes titrées, où l'on était admis à deux conditions : naissance libre et capacité de payer, constituait un rouage important de l'organisation ibo. Les associés se partageaient les droits d'entrée du nouveau membre et des fêtes étaient offertes par le néophyte. Le statut social dépendait de l'appartenance à cette confrérie fondée sur la réussite matérielle[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeur à l'université de Californie à Los Angeles

Classification

Pour citer cet article

Jacques MAQUET. IBO [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • GOWON YAKUBU (1934- )

    • Écrit par
    • 650 mots
    • 1 média

    Militaire et homme politique nigérian, président de la République de 1966 à 1975.

    Fils d'un missionnaire protestant de la tribu minoritaire des Anga, le général Gowon est né dans la région nord du Nigeria, traditionnellement musulmane ; il fait ses études militaires à Theshié, puis au...

  • MASQUES - Le masque en Afrique

    • Écrit par
    • 4 351 mots
    • 4 médias
    ...sépare le Nigeria du Cameroun, certains d'entre eux semi-bantous, appartient à la fois à l'Afrique occidentale et à l'Afrique centrale. Les Ibo produisent des masques à l'expression agressive et fière, la bouche entrouverte sur des dents de métal. D'un style proche, les têtes simples ou...
  • NIGERIA

    • Écrit par et
    • 11 718 mots
    • 18 médias
    ...ethnoculturels prédominent. On estime qu’au nord, les Peuls et les Haoussas représenteraient 29 % de la population nigériane ; à l'est, les Ibo compteraient pour 18 % de la population totale de la Fédération, tandis qu'à l'ouest, les Yorouba en formeraient 21 %. Le quart restant de la population...
  • OJUKWU ODUMEGWU (1933-2011)

    • Écrit par
    • 556 mots

    Chef militaire et homme politique nigérian, Odumegwu Ojukwu dirigea la république séparatiste du Biafra pendant la guerre civile nigériane de 1967 à 1970.

    Ikemba Chukwuemeka Odumegwu Ojukwu naît le 4 novembre 1933 à Nnewi (sud-est du Nigeria), dans une famille de riches négociants ibo. Diplômé...