GERHARD HUBERT (1540 env.-1620)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un document, daté de 1605, qui précise que le sculpteur Hubert Gerhard (ou Rupprecht Erhardi), originaire de Hollande, était alors un homme déjà âgé, a permis de fixer la date de sa naissance peu avant le milieu du siècle précédent. Il est presque certain qu'il avait fait dans sa jeunesse le voyage d'Italie, tant son art semble un reflet direct de celui de Jean Bologne. Mais, dès 1581, il travaille en Allemagne du Sud, principalement au service des Fugger ; à partir de 1584, il réside à Munich. Il contribue au décor du château de Kirchheim avec l'aide du stucateur florentin Carlo Pallago et exécute en particulier, en 1590, une fontaine monumentale couronnée d'un groupe en bronze Mars, Vénus et l'Amour (Bayerisches Nationalmuseum de Munich). C'est en 1589 qu'il reçoit de la ville d'Augsbourg la commande de son œuvre la plus importante : l'Augustus Brunnen, fontaine érigée en l'honneur de l'empereur romain fondateur de la cité ; cet ensemble imposant, comprenant une douzaine de statues colossales, librement inspirées dans leur disposition de la Fontaine de Neptune de l'Ammanati, à Florence, fut achevé en 1598. Au service de Guillaume V de Bavière, Gerhard exécuta une partie du décor de Saint-Michel, église des jésuites de Munich (Saint Michel et le dragon, 1588), travailla au mausolée de Louis Ier de Bavière (veilleurs placés sous la statue de Maximilien) et réalisa celui de Ferdinand de Bavière (église du Saint-Esprit). On lui doit aussi plusieurs fontaines pour les jardins de la Résidence. À la fin de sa vie, il fut au service de l'électeur Maximilien. C'est en vain que l'archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas, chercha à l'attirer à Bruxelles en 1607. L'artiste, déjà âgé, se contentait, semble-t-il, de diriger un atelier avec Kaspar Gras et Alexander Colin comme principaux collaborateurs.

—  Jean-René GABORIT

Écrit par :

  • : conservateur général chargé du département des Sculptures, musée du Louvre

Classification


Autres références

«  GERHARD HUBERT (1540 env.-1620)  » est également traité dans :

MANIÉRISME

  • Écrit par 
  • Sylvie BÉGUIN, 
  • Marie-Alice DEBOUT
  •  • 10 194 mots
  •  • 28 médias

Dans le chapitre « La sculpture »  : […] Comme pour la peinture et l'architecture, les chefs-d'œuvre de Michel-Ange, spécialement la Victoire (1506, Palazzo Vecchio, Florence), les tombeaux des Médicis (1521-1526), la Pietà (1550-1553, Dôme, Florence), le Christ (Santa Maria sopra Minerva), fournirent aux jeunes artistes des modèles parfaits de la figura serpentinata , de la variété, de l'invention, tandis que l'ultime Pietà Rondanini […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-René GABORIT, « GERHARD HUBERT (1540 env.-1620) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hubert-gerhard/