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HOMONYMIE

On parle d'homonymie lexicale à chaque fois qu'à des signifiants identiques correspondent des signifiés différents. En français, « manche » ou « mousse » en fournissent des exemples. Néanmoins, dans ces deux cas, on est en présence d'items dont la catégorie du genre grammatical lève l'ambiguïté (le manche/la manche ; le mousse/la mousse). Mais il n'en va pas toujours ainsi ; et c'est souvent un problème pour le lexicographe et pour la description de la langue en général que de savoir si l'on a affaire à des signes différents, et comme tels faisant l'objet d'un appel distinct dans un inventaire des sens, ou si, au contraire, n'existe pas une filiation, par exemple logique, entre des sens d'un même signe, dit alors polysémique. La tendance moderne de la linguistique est de résolument considérer comme différents des termes faisant l'objet de dérivations différentes ou susceptibles d'apparaître dans des distributions différentes ; ainsi, « la mousse » sera un mot répertorié avec une véritable homonymie dans la mesure où existe l'opposition « un tronc moussu »/« un vin mousseux ». Inversement, « poste », nom masculin, ne présentant pas de contexte ou de dérivation qui permette d'en discriminer les différents sens, ne sera traité que dans une entrée lexicale.

On a élargi la notion d'homonymie au domaine de séquences phoniques ambiguës : leur signifiant renvoie à des interprétations différentes ; ainsi dans tylapεl, dont le code graphique lève l'ambiguïté (« tu l'appelles », « tu la pèles », « tue la pelle », « tu l'appel », etc.). Parfois, des syntagmes restent indécidables, comme une « bonne espagnole », dont on ne peut dire avec certitude (sauf dans le code écrit, où le nom, en l'occurrence, prend une majuscule : un Français, une Espagnole) si le premier ou le second des deux éléments est le nom ou l'adjectif. On conçoit que la grammaire générative se soit intéressée de fort près à la manière dont peuvent être engendrées des suites de ce genre, qui posent le problème de la domination catégorielle en syntaxe.

— Robert SCTRICK

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • HOMONYMIE / POLYSÉMIE, notion d'

    • Écrit par Catherine FUCHS
    • 1 350 mots

    Le terme « homonymie », introduit en français au xvie siècle, nous vient, par l'intermédiaire du latin, du grec homônymia, formé sur homo- et onoma (littéralement « [qui a] même nom »). Sont dits homonymes des mots ayant des sens différents et qui possèdent la même forme phonique...

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    Un mot ou un énoncé sont dits ambigus quand ils sont susceptibles d'avoir plusieurs interprétations. Cette définition intuitive étant très large, on s'efforce en linguistique de la préciser en circonscrivant, parmi tous les malentendus, équivoques et autres imprécisions du langage,...

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    ...l'analogie se présente comme la fusion forcée de trois textes d'inspiration, de portée et de signification différentes : la distinction entre synonymes, homonymes et paronymes du premier chapitre des Catégories ; la distinction problématique des trois types d'homonymes intentionnels introduite dans l'...
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