HÉROPHILE (-340 env.--300)

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Bien que né en Chalcédoine, Hérophile passa sa vie à Alexandrie, alors au sommet de l'épanouissement artistique et scientifique que suscitèrent les Ptolémées, après la mort d'Alexandre le Grand, en encourageant la fusion des cultures grecque et orientale. Il étudia la médecine avec Praxagoras de Cos (le premier anatomiste qui différencia les veines des artères). Hérophile approfondit ces recherches au point d'effleurer la découverte de la circulation du sang, telle que la publia Harvey en 1628. Dans son Traité du pouls, il démontra le rôle du cœur dans les pulsations et compara celles-ci à la respiration ; il décrivit également le pouls « bondissant ».

Il semble qu'il soit le premier à avoir disséqué des cadavres en public, et les connaissances qu'il en tira ont permis à ses détracteurs, tel Celse, de l'accuser de vivisection. Il étudia particulièrement le cerveau, dont il donna la première description anatomique, le séparant du cervelet ; il en découvrit le quatrième ventricule, le calamus scriptorius et le torcular, décrivit les méninges, les sinus veineux, les plexus choroïdes, les nerfs rachidiens. Il fut célèbre aussi comme gynécologue, guérit des cas de stérilité et, fait exceptionnel à cette époque, accoucha une mère de quintuplés. Il enseigna l'obstétrique et eut, parmi ses élèves, une femme, Agnodice, qui suivit les cours en vêtements masculins, car l'accès de la médecine était interdit aux femmes et aux esclaves ; la loi fut ensuite modifiée, et Agnodice fut la première femme accoucheuse de Grèce. Hérophile étudia la luxation du fémur, l'extraction des dents, dont il signala les suites graves dans certains cas ; il fut le premier à décrire les ovaires. Il établit une distinction entre les rêves dus à un état du corps et ceux provoqués par l'esprit, et formula une théorie des forces de l'être vivant : force nutritive (siégeant dans le foie), force échauffante (dans le cœur), force pensante (dans le cerveau) et force sensible (dans les nerfs). Il a laissé de nombreux traités : trois livres d'anatomie, deux livres de thérapeutique, des commentaires sur Hippocrate, et son Traité du pouls. L'un de ses aphorismes exprime sa rigueur et son honnêteté : « Par-dessus tout le médecin devra connaître les limites de son pouvoir, car celui-là seul qui sait distinguer le possible de l'impossible est un médecin parfait. »

—  Jacqueline BROSSOLLET

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Dans le chapitre « De l'Antiquité au XVIIe siècle »  : […] de l'intelligence – étrange recul par rapport à Hippocrate, qui avait placé l'intelligence dans le cerveau. Mais, à la même époque, Hérophile et Érasistrate pratiquent la dissection des cadavres humains et même des expérimentations sur des condamnés vivants ; le premier, en anatomiste, reconnaît les nerfs qui relient les centres aux organes et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neurologie/#i_31905

Pour citer l’article

Jacqueline BROSSOLLET, « HÉROPHILE (-340 env.--300) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/herophile/