ÉRASISTRATE (-320 env.--250)

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Né dans l'île de Céos, plus physiologiste qu'anatomiste, Érasistrate étudia la médecine avec un gendre d'Aristote et l'exerça d'abord en Syrie, où il guérit spectaculairement le fils du roi Séleucos, dont il fut le seul à deviner que la mystérieuse maladie était une passion malheureuse pour la seconde femme de son père. Érasistrate obtint que le roi divorce et accepte le mariage de son fils. Fixé à Alexandrie, il pratiqua et enseigna la médecine, s'intéressant particulièrement à la physiologie du cerveau. Partant des travaux d'Hérophile, il démontra l'origine des nerfs dans le cerveau, distingua les nerfs moteurs des nerfs sensitifs, mit en évidence le rôle du bulbe et différencia les circonvolutions cérébrales humaines et animales ; il nomma « esprit animal » ce que les modernes appelleront « influx nerveux ». Il a laissé d'importantes observations sur les artères et les veines, découvert la valvule tricuspide et suggéré l'existence des capillaires ; il améliora aussi les connaissances contemporaines sur le mécanisme cardio-pulmonaire et affirma la distribution, à partir du cœur, du sang oxygéné. Enfin, il distingua la trachée-artère et la décrivit.

Excellent clinicien, il étudia le premier les relations entre maladies et lésions, créant ainsi l'anatomie pathologique. Il déplora souvent le peu d'attention portée par ses confrères aux règles élémentaires d'hygiène permettant de prévenir bien des maladies ou d'en atténuer les effets. Diététicien et hygiéniste, il traita par le jeûne modéré les troubles causés par la pléthore, qu'il rendait responsable d'ennuis digestifs et de certains cas d'hémoptysie, d'hémorragie, d'angine et d'hémorroïdes ; bien qu'il conseillât une légère diète et une gymnastique élémentaire, il fut un adversaire acharné de la saignée, et Galien l'en railla en intitulant l'un de ses ouvrages : De la saignée contre Érasistrate (De venoe sectione adversus Erasistratum). Il préconisait un régime lacté contre les venins, composait des collyres et des élixirs, et mit au point la recette d'un pessaire dont « la reine Cléopâtre se trouva bien ». Il fut moins heureux en opérant, afin de panser localement les ulcères de l'estomac, et en découpant in utero les fœtus mal situés. Cependant, il améliora l'opération de la cataracte, celles de la pierre et des hernies.

Lorsque, âgé, il quitta Alexandrie pour aller mourir à Samos, ses nombreux disciples (dont aucun cependant n'égalera sa renommée) créèrent la « secte des Érasistratides » qui ne s'éteignit qu'au ier siècle de notre ère.

—  Jacqueline BROSSOLLET

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Jacqueline BROSSOLLET, « ÉRASISTRATE (-320 env.--250) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/erasistrate/