HÉLIOS

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Descendant d'Ouranos et de Gaia par ses parents, le Titan Hypérion et la Titanide Thèia, Hélios, le Soleil, est frère de l'Aurore (Éos) et de la Lune (Séléné). D'une génération antérieure aux Olympiens, il est quelque peu éclipsé par ces derniers, et ce dès Homère : si, dans L'Iliade, son nom est associé à ceux de Zeus et de Gê dans de vieilles formules de serment (III, 227 ; XIX, 259), il apparaît en général comme une divinité subalterne, une sorte de fonctionnaire au service des dieux, et qui est obligé de leur demander assistance pour tirer vengeance des affronts reçus ; ainsi, dans L'Odyssée, menace-t-il de faire grève s'il n'obtient pas réparation après que les compagnons d'Ulysse lui ont dévoré les bœufs aux cornes d'or de l'île de Thrinacie (Sicile) sur lesquels veillaient ses filles, les Héliades (XII, 374, sqq.). À partir du ~ ve siècle, il finira par être de plus en plus souvent assimilé à Apollon, Séléné tendant parallèlement à se confondre avec Artémis.

Avec Persèis, son épouse, Hélios engendre Circé, la magicienne, Æétès, roi de Colchide, Pasiphaé, femme de Minos, et Persès, qui détrôna Æétès avant d'être tué par sa nièce Médée ; c'est d'Hélios que celle-ci tient d'ailleurs son attelage ailé de serpents (cf. Euripide, Médée, v. 1321). Avec la nymphe Rhodos, il a sept fils, les Héliades. Avec Clymène, la sœur de Persèis, il a, outre les Héliades filles, Phaéton.

Hélios est un jeune homme d'une très grande beauté, à la chevelure d'or. Chaque matin, précédé par le char de l'Aurore, il s'élance sur son attelage de feu, entraîné par des coursiers rapides (Pyroïs, Éoos, Aéthon et Phlégon), depuis le pays des Indiens, sur une route étroite qui suit le milieu du ciel. Au soir, il baigne ses chevaux fatigués dans l'Océan, tandis que lui-même se repose dans un palais d'or. La nuit, il regagne l'Orient sous la Terre ou encore sur l'Océan qui entoure le monde (pour les relations d'Hélios avec le monde souterrain, Hadès, dont l'entrée est nommée « la porte du Soleil », cf. Mircea Eliade et Kerenyi). Si le culte d'Hélios n'est vraiment attesté qu'à Rhodes et à Corinthe, où les jeux Isthmiques célébraient, selon Pausanias (II, i, 6), sa réconciliation avec Poséidon, celui-ci semble avoir été une divinité très populaire (Platon, Apologie, 26 d ; Lois, X, 887 c).

Il est celui qui voit tout, l'œil du monde, et à ce titre il guérit la cécité d'Orion.

—  Robert DAVREU

Écrit par :

  • : enseignant en littérature générale et comparée à l'université de Paris-VIII, poète et traducteur

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«  HÉLIOS  » est également traité dans :

PHAÉTON

  • Écrit par 
  • Alain LABROUSSE
  •  • 187 mots

Dans la mythologie grecque, fils d'Hélios (le Soleil : Phébus-Apollon) et de la nymphe Clyméné. Sa naissance ayant été mise en doute, il en appela au Soleil qui, pour lui prouver sa paternité, jura de lui accorder ce qu'il demanderait. Phaéton demanda la permission de diriger la course du Soleil dans les cieux durant un seul jour. Hélios, irrévocablement engagé par son serment, dut y consentir mal […] Lire la suite

Pour citer l’article

Robert DAVREU, « HÉLIOS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/helios/