CIXOUS HÉLÈNE (1937- )

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Née à Oran (Algérie) le 5 juin 1937, Hélène Cixous a publié plus de soixante ouvrages (fictions, essais ou pièces de théâtre), depuis la parution de son recueil de nouvelles Le Prénom de Dieu, en 1967, tout en menant une brillante carrière universitaire en France et aux États-Unis. Agrégée d'anglais à vingt-deux ans, elle a soutenu, en 1968, une thèse de doctorat d'État, L'Exil de James Joyce, ou l'Art du remplacement (1968), avant de participer activement, la même année, à la création, du Centre universitaire de Vincennes (la future université de Paris-VIII) et en son sein, sept ans plus tard, d'un révolutionnaire – pour l'époque – « département des études féminines ».

Célébrée de longue date aux États-Unis, l'œuvre d'Hélène Cixous a longtemps été marginalisée sur la scène médiatique française en raison de résistances parfois obstinées aux différents engagements de son auteure, et plus particulièrement à son engagement féministe. Il a fallu attendre la fin du xxe siècle pour qu’elle trouve enfin sa place dans le paysage contemporain : celle d'une œuvre majeure, dont l'écriture, libérant une langue en éveil aux « puissances-autres » qui la travaillent souterrainement, déploie sur une scène intime la grande histoire pour en découdre avec tout le théâtre de l'inconscient. Étroitement liée à celles de Jacques Derrida et du Théâtre du Soleil dirigé par Ariane Mnouchkine, cette œuvre est aussi le fruit d'une biographie qui croise quelques-unes des principales tragédies du xxe siècle, ce « siècle couturé de camps », ainsi qu’elle le définit.

Enfances algériennes

Fille d'une mère juive allemande exilée et d'un médecin juif algérien un temps interdit d'exercice par les lois de Vichy, Hélène Cixous a renoué, à partir de Si près (2007), avec l'histoire de l'Algérie, où sa mère a continué d'exercer le métier de sage-femme jusqu'en 1971, et qu'elle-même avait quittée en 1955 (elle n'y retournera qu'en 2005) pour suivre ses études à Paris. Lieu d'une confrontation précoce à la notion d'identité, l'Algérie est avant tout le pays du père perdu, George Cixous, mort de la tuberculose en 1948, lorsque Hélène avait dix ans.

Depuis Dedans, son premier roman (1969, prix Médicis) – avant Les Commencements (1970), le recueil de nouvelles dont le héros tout en carapace de rêve s'appelle Saint-Georges –, la figure du père disparu hante l'œuvre d'Hélène Cixous. On y trouve cette phrase qui, rétrospectivement, se révèle programmatique : « Cependant je découvrais les propriétés de mon âme et son langage. » Et toute cette œuvre constituera la libération progressive d'un langage de l'âme, y compris dans la recherche d'une écriture qui fasse advenir en littérature la femme comme réalité, en tant que corps sexué (Anankè, 1977, Le Livre de Promethea, 1983).

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Pour citer l’article

Bertrand LECLAIR, « CIXOUS HÉLÈNE (1937- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/helene-cixous/