GIORGIONE (1477-1510)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Les Trois Philosophes, Giorgione

Les Trois Philosophes, Giorgione
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Vénus endormie, Giorgione

Vénus endormie, Giorgione
Crédits : Bridgeman Images

photographie

L'Adoration des bergers, Giorgione

L'Adoration des bergers, Giorgione
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Portrait de Francesco Maria della Rovere, Giorgione

Portrait de Francesco Maria della Rovere, Giorgione
Crédits : Electa/ AKG

photographie


Le « paese » avec figures

Ces dernières œuvres appartiennent peut-être déjà à la phase culminante des prémices de l'art giorgionesque que marque la célèbre Madone de Castelfranco, peinte, en toute vraisemblance, en 1504, pour la chapelle commémorative de Matteo Costanzo, mort cette même année. Cette vaste composition inclut pour la première fois un paysage de « plein air » qui répand sa clarté jusqu'au premier plan et réunit en un accord structure de l'espace et intensité chromatique. De la même époque date probablement la Judith de Saint-Pétersbourg ; cette œuvre inaugure le canon classique de beauté, inspiré à Giorgione par sa culture humaniste et la fréquentation de collections d'antiques, telles que celle des Grimani à Venise. Le coloris de Giorgione se détache alors des emprises du graphisme bellinesque ; le peintre réalise avec bonheur l'union de la couleur et de la lumière. On peut assurément le comparer aux plus récentes réussites coloristes de Carpaccio qui venait d'achever son chef-d'œuvre des Esclavons à Venise.

Portrait de Francesco Maria della Rovere, Giorgione

Portrait de Francesco Maria della Rovere, Giorgione

Photographie

Giorgione, «Portrait de Francesco Maria della Rovere», vers 1502. Huile sur bois reporté sur toile, 73 cm × 64 cm. Kunsthistorisches Museum, Vienne. 

Crédits : Electa/ AKG

Afficher

Le cheminement de Giorgione vers l'intégration des données naturalistes culmine ensuite avec La Tempête de la galerie de l'Académie. Les figures de la prétendue « bohémienne » et du « soldat » témoignent d'une vision pathétique du réel et rendent compte d'une philosophie de la vie et de la nature ; même si leur sens allégorique est obscur, ces éléments annoncent clairement le ton arcadien de la poésie giorgionesque. On peut sûrement dater La Tempête entre 1506 et 1508. On trouve la première de ces dates au dos de la Laura de Vienne qui est probablement une figuration allégorique des allégresses nuptiales. Giorgione rappelle dans l'intensité chromatique de cette composition la qualité des œuvres flamandes dont les portraits de Memling des collections vénitiennes lui proposaient le modèle. Quant à 1508, c'est la date des fresques du Fondaco dei Tedeschi. Giorgione avait reçu la commission d'orner la façade sur le Grand Canal, et Titien celle de peindre le mur de côté sur la « calle ». Malheureusement, il ne reste de cette merveilleuse décoration que [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art moderne, faculté des Belles-Lettres, université de Venise

Classification


Autres références

«  GIORGIONE (1477-1510)  » est également traité dans :

BORDONE PARIS (1500-1571)

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 316 mots
  •  • 1 média

Né à Trévise, Bordone eut Titien pour premier maître, mais le quitta très vite, déçu du peu d'intérêt que celui-ci portait à ses élèves, écrit Vasari, qui ajoute : « Désespéré de la mort de Giorgione, dont la manière lui plaisait plus que tout, et qui, en outre, avait la réputation d'enseigner avec amour tout ce qu'il savait, [...] il se mit en tête d'étudier ses œuvres et de les copier, en sorte […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paris-bordone/#i_13224

LUMINISME, peinture

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 426 mots

La première intuition du luminisme, c'est-à-dire du rôle de la lumière dans l'organisation cohérente des formes par le jeu des valeurs tonales, s'exprime à Venise à partir des leçons recueillies par Antonello de Messine chez les Flamands. Si Léonard de Vinci sait exploiter avec une géniale aisance les mystérieux pouvoirs de l'ombre et de la lumière — du noir et du blanc —, c'est dans l'œuvre de Gi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/luminisme-peinture/#i_13224

NU

  • Écrit par 
  • Mario PRAZ
  •  • 2 139 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Le nu féminin »  : […] Après des préludes grotesques qui accentuaient l'aspect de la fécondité, le nu féminin se place sur un plan idéal bien plus tard que le nu masculin, à partir du iv e  siècle avant J.-C. Kenneth Clark a distingué deux types de Vénus, le végétal et le cristallin, qui correspondent à la Venus naturalis et à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nu/#i_13224

PALMA LE VIEUX JACOPO NEGRETTI dit (1480 env.-1528)

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 753 mots

Les documents sur Palma le Vieux sont rares : il est cité à Venise en 1510 seulement, la première commande dont on garde la trace est de 1520 et elle concerne une œuvre perdue, Le Mariage de la Vierge , peinte pour Sant'Antonio di Castello. Pourtant, malgré les divergences de la critique sur le nom de ses premiers maîtres ou sur la paternité de plusieurs œuvres importantes (a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/palma-le-vieux/#i_13224

TITIEN (1488 env.-1576)

  • Écrit par 
  • Anna PALLUCCHINI
  •  • 3 109 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le peintre des princes »  : […] Titien (Tiziano Vecellio) naquit à Pieve di Cadore vers 1488-1490, ainsi que permettent de le préciser les reconstructions ; en effet, on le trouve, en 1508, occupé à la décoration du Fondaco dei Tedeschi à Venise, alors que, selon le témoignage de ses contemporains Dolce (1557) et Vasari (1568), il n'a pas encore vingt ans. Il acquit les premiers rudiments du métier dans l'atelier de Gentile Bell […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/titien/#i_13224

Voir aussi

Pour citer l’article

Terisio PIGNATTI, « GIORGIONE (1477-1510) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/giorgione/